À Abidjan et dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire, la hausse continue des loyers provoque colère et lassitude. Depuis plusieurs semaines, des Ivoiriens expriment leur ras-le-bol sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, à travers des publications largement partagées et « likées ».
Des internautes, des artistes et des familles dénoncent des prix jugés excessifs, en total déphasage avec leurs revenus. Parmi les voix les plus relayées, celle de l’actrice Bienvenue Koffi, qui a publié un long message appelant les propriétaires à revoir leurs exigences. Où se loger, à quel prix, et jusqu’à quand ? La question du loyer en Côte d’Ivoire s’impose désormais au cœur du débat public.
Sur Facebook, la colère s’exprime sans filtre
Sur les réseaux sociaux, les messages se multiplient. Photos réelles, images générées par l’IA, statuts et témoignages portent tous le même message : « Loyer trop cher, on n’en peut plus ». À Abidjan, ces publications traduisent un malaise profond chez des locataires confrontés à des hausses parfois brutales. Les studios, chambres-salons ou appartements familiaux deviennent inaccessibles pour une grande partie de la population active .
« Les loyers sont plus chers que le SMIG », déplore une internaute.
L’actrice ivoirienne Bienvenue Koffi a cristallisé cette colère dans une publication de plus de 200 mots sur sa page officielle. Elle interpelle directement les propriétaires, rappelant que l’immobilier est un investissement à long terme. « Permettez-nous de nous sentir bien dans les maisons que vous avez construites », écrit-elle, évoquant la disparition progressive des loyers abordables et une fixation des prix jugée arbitraire.
Une crise du logement qui dépasse Abidjan
Contrairement à certaines idées reçues, la cherté des loyers ne concerne pas uniquement les quartiers huppés d’Abidjan. Des internautes citant Anyama, souvent présentés comme une zone plus accessible, où les prix restent pourtant élevés. Un studio y coûterait au minimum 50 000 francs CFA, tandis qu’un deux chambres-salon peut atteindre 140 000 francs CFA, pour des surfaces parfois exiguës.
D’autres voix vont plus loin et comparer le niveau des loyers au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). « Les loyers sont plus chers que le SMIG », déplore une internaute, soulignant l’impossibilité, pour de nombreux travailleurs, de se loger décemment. Certains dénoncent également l’absence de régulation efficace et l’impact direct de ces charges sur le pouvoir d’achat.
Au quotidien, les conséquences sont lourdes. Après avoir payé le loyer, de nombreux ménages peinent à faire face aux autres dépenses essentielles. À travers ces témoignages, les réseaux sociaux deviennent un espace d’expression citoyenne, révélant une crise du logement qui touche l’ensemble du pays. Une alerte sociale que beaucoup espère voir enfin entendue.
Les députés se sont plaints de la cherté des loyers et leurs précautions exorbitantes au ministre Billon.




