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Production aurifère, recettes fiscales et électricité : Les résultats de 2025 pour le Burkina

Le Premier ministre burkinabè a dressé un tableau détaillé des évolutions enregistrées dans les secteurs des mines et de l’énergie au cours de l’année 2025. Cet exercice s’est tenu lors de son exposé sur la situation de la Nation devant les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT), le vendredi 30 janvier 2026 à Ouagadougou.

Deux secteurs que Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo présente comme déterminants dans la consolidation de l’économie nationale et dans le renforcement de la présence de l’État dans la gestion des ressources stratégiques. Selon les données communiquées à cette occasion, la production aurifère nationale a dépassé les 94 tonnes en 2025, tandis que plus de 160 500 nouveaux abonnés ont été raccordés au réseau électrique interconnecté. Des chiffres qui traduisent, aux yeux de l’exécutif, les effets des réformes engagées ces dernières années.

Une gouvernance minière recentrée sur l’intérêt national
Revenant sur le secteur minier, le Premier ministre a insisté sur la poursuite des réformes destinées à renforcer le contrôle public et à améliorer l’encadrement des activités extractives. Ces ajustements portent notamment sur la participation accrue de l’État, la promotion du contenu local et la transparence dans l’exploitation des ressources. Dans ce contexte, la production aurifère du Burkina Faso a franchi le seuil des 94 tonnes en 2025. Près de 43 tonnes proviennent de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée, un segment longtemps marginalisé, mais désormais mieux organisé et progressivement intégré dans les circuits formels de l’économie nationale. Les autorités soulignent que cette structuration a permis une meilleure traçabilité de l’or et une réduction des pertes fiscales. Cette performance dans le secteur aurifère a eu un impact direct sur les finances publiques. Au 31 décembre 2025, les recettes budgétaires issues de l’activité minière sont estimées à plus de 776 milliards de francs CFA. À ces ressources s’ajoute une contribution de plus de 85 milliards de francs CFA versée au Fonds minier de développement. Ce fonds est présenté par le gouvernement comme un instrument central pour le financement de projets structurants, en particulier dans les zones affectées par l’exploitation minière. Il vise à soutenir des investissements dans les infrastructures sociales de base, l’éducation, la santé et le développement local.

La lutte contre la fraude et l’orpaillage illicite
Le chef du gouvernement a également évoqué les résultats obtenus dans la lutte contre la fraude et l’exploitation minière illégale. Selon lui, l’action coordonnée des services de l’État a permis de sécuriser des recettes supplémentaires évaluées à plus de 100 milliards de francs CFA. Cette mobilisation s’est traduite par un renforcement des contrôles, la fermeture de sites non autorisés et une meilleure organisation des circuits de commercialisation de l’or. Les autorités y voient un moyen de restaurer l’autorité publique dans des zones parfois échappant au contrôle de l’administration, tout en protégeant les intérêts économiques du pays. Dans cette dynamique, la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB) occupe une place croissante. L’État a accédé à 11 actifs miniers à son profit, une évolution qui ouvre des perspectives de relance pour plusieurs sites jugés stratégiques. Parmi eux figurent notamment Perkoa, Inata, Kiéré, Kalsaka, Tambao et Taparko. Ces actifs sont appelés à jouer un rôle dans la reprise de la production, la création d’emplois et le renforcement de la chaîne de valeur minière nationale. Parallèlement, 34 carrières industrielles ont été mises en service, comprenant 22 carrières de granite, 04 de tuf et 06 de calcaires dolomitiques, contribuant à l’approvisionnement du secteur du bâtiment et des travaux publics.

L’énergie, un chantier prioritaire pour l’exécutif
S’agissant du secteur de l’énergie, le Premier ministre a rappelé les efforts engagés pour accroître les capacités de production et améliorer l’accès à l’électricité. La mise en service de nouvelles centrales thermiques et solaires dans plusieurs localités a permis de renforcer le réseau national. Au cours de l’année 2025, 125 nouvelles localités rurales ont été raccordées au réseau électrique interconnecté. À cela s’ajoutent six localités desservies par des mini-réseaux solaires, une solution privilégiée dans certaines zones éloignées des infrastructures classiques. Ces investissements ont favorisé le raccordement de plus de 160 500 nouveaux abonnés à l’électricité en 2025. Pour le gouvernement, cette progression répond à la nécessité de réduire les disparités territoriales en matière d’accès à l’énergie, considérée comme un facteur déterminant pour le développement économique, l’amélioration des conditions de vie et le soutien aux activités productives. L’exécutif met en avant l’impact de l’électrification sur les services sociaux de base, le fonctionnement des petites entreprises et la résilience des communautés rurales.

Ces investissements ont favorisé le raccordement de plus de 160 500 nouveaux abonnés à l’électricité en 2025
Le Premier ministre burkinabè a évoqué les perspectives à moyen et long termes dans le domaine énergétique. Il a notamment mentionné la poursuite du processus relatif à la construction d’une centrale nucléaire, présentée comme une option destinée à diversifier le mix énergétique et à renforcer l’autonomie du pays. Dans cette même logique, l’année 2026 devrait voir le lancement d’une initiative présidentielle consacrée à l’eau et à l’énergie. Cette initiative vise à améliorer l’accès à ces ressources essentielles sur l’ensemble du territoire, en tenant compte des besoins spécifiques des populations. À travers ces orientations, le gouvernement burkinabè entend consolider une économie reposant davantage sur la maîtrise des ressources nationales et sur une implication accrue de l’État dans les secteurs stratégiques. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques, les autorités présentent les mines et l’énergie comme des leviers centraux pour soutenir l’effort national et renforcer la capacité d’action publique.

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