04232026Headline:

Capgemini met en vente sa filiale travaillant pour la police américaine de l’immigration, l’ICE


Le géant français de l’informatique Capgemini a annoncé dimanche la mise en vente de sa filiale travaillant pour la police américaine de l’immigration, l’ICE, après la polémique suscitée par un contrat.

« Capgemini va mettre en vente sa filiale Capgemini Government Solutions » et « le processus de cession de cette entité, qui représente 0,4% du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025 (moins de 2% de son chiffre d’affaires aux États-Unis), sera initié immédiatement », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

Selon des informations de l’association L’Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et développées par la télévision publique France 2, Capgemini a notamment fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères, alors que cette police fédérale est mobilisée par le président américain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration.

Conseil d’administration extraordinaire
Un conseil d’administration extraordinaire de Capgemini avait été convoqué ce week-end. Dans un message interne envoyé aux salariés, le groupe avait précisé que le contrat litigieux, attribué en décembre, « faisait l’objet d’un recours ».

 

Capgemini « a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du groupe », explique-t-il dans son communiqué.

Depuis plusieurs jours en France, des responsables syndicaux et politiques avaient interpellé le groupe sur sa responsabilité. Coté au CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, Capgemini est présent dans une cinquantaine de pays dans le monde.

Transparence
« La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne », avait réaffirmé, jeudi 29 janvier, le ministre de l’Économie Roland Lescure, lors de ses voeux à la presse. À gauche, plusieurs personnalités avaient également vilipendé ce lien avec l’ICE. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat CGT, avait appelé Capgemini à « cesser immédiatement » sa collaboration avec cette police de l’immigration. Frédéric Boloré, délégué syndical central CFDT du groupe, avait dit à l’AFP n’avoir « jamais connu une situation de crise comme celle d’aujourd’hui », en 32 ans de maison. « C’est un choc énorme pour les salariés », avait-il souligné.

 

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