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Après son sport à vélo à Conakry, Mamadi Doumbouya dévoile ses 20 ministres


Comme de coutume, le président de la République Guinéenne, Mamadi Doumbouya, a entamé la journée du lundi 2 février 2026 par une sortie remarquée dans la commune de Kaloum, centre administratif et politique de Conakry. À vélo, puis à pied, le chef de l’État a parcouru plusieurs axes de la capitale, au contact des habitants, dans une démarche présentée par la présidence comme une volonté de proximité avec les citoyens et une attention portée aux questions de santé et de bien-être urbain.

Cette immersion intervient dans un contexte politique encore sensible, quelques jours après la publication d’une liste partielle des membres du gouvernement, très attendue aussi bien par la classe politique que par l’opinion publique. Finalement, Mamadi Doumbouya a autorisé la publication de la liste de la nouvelle équipe gouvernementale, première du genre sous la nouvelle République.

Une équipe gouvernementale largement reconduite
La composition annoncée fait apparaître une forte continuité au sommet de l’État. Sur les vingt ministres et responsables de rang ministériel cités, seize sont reconduits à leurs fonctions ou redéployés au sein de l’appareil gouvernemental. Une configuration qui conforte l’architecture déjà en place depuis la précédente équipe et qui alimente les débats sur la capacité du pouvoir à se renouveler. Parmi les figures maintenues, Ibrahim Sory 2 Tounkara conserve le portefeuille de la Justice et des Droits de l’Homme, tandis qu’Ibrahima Kalil Condé reste en charge de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Le général Ahmed Mohamed Oury Diallo demeure à la tête du ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

Au ministère des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté poursuit sa mission, tout comme Mariama Ciré Sylla à l’Économie, aux Finances et au Budget.
Des reconductions qui traduisent la volonté de préserver les équilibres diplomatiques et financiers, dans un contexte régional et international exigeant. Le secteur minier, central pour l’économie guinéenne, reste confié à Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie. Une continuité également observée dans les domaines de l’élevage, de la pêche et de l’économie maritime, avec le maintien de Félix Lamah et de Fassou Théa à leurs postes respectifs. Dans l’enseignement supérieur, Diaka Sidibé conserve son portefeuille, tandis qu’Alpha Bacar Barry reste aux commandes de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Formation professionnelle. Ces secteurs, régulièrement pointés pour leurs défis structurels, restent ainsi sous la supervision de responsables déjà engagés dans les réformes en cours. La Culture, le Tourisme et l’Artisanat demeurent sous la responsabilité de Moussa Moïse Sylla.

Selon plusieurs sources proches du processus de formation du gouvernement, certaines personnalités reconnues pour leur indépendance ou leur intégrité auraient décliné des propositions de postes ministériels
Du côté des affaires sociales, Kaïté Sall poursuit son action à la Santé et à l’Hygiène publique, pendant que Patricia Adeline Lamah reste ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités. Facinet Sylla conserve le ministère des Infrastructures, tandis qu’Ousmane Gaoual Diallo reste ministre des Transports et porte-parole du gouvernement. Mourana Soumah demeure à la Communication, à l’Économie numérique et à l’Innovation, un secteur stratégique dans la modernisation de l’administration et de l’économie. Le gouvernement compte également Diamy Diallo, reconduite à l’Environnement et au Développement durable, avec le rôle de porte-parole adjointe, ainsi que Tamba Benoît Kamano, secrétaire général du gouvernement avec rang de ministre. Elhadj Karamo Diawara conserve, pour sa part, les Affaires religieuses. Cette configuration a donné lieu à de nombreuses réactions parmi les observateurs de la vie politique guinéenne. Pour certains analystes, la forte proportion de reconductions illustre la difficulté du chef de l’État à se détacher des piliers de son précédent gouvernement. Une lecture qui revient régulièrement dans les cercles politiques, où l’on évoque une dépendance persistante à un noyau restreint de collaborateurs jugés loyaux. D’autres estiment que cette continuité répond à un souci de cohérence et de maîtrise des dossiers, dans une période où la transition reste sujette à contestation, tant sur le plan interne qu’international.

Des refus discrets mais révélateurs
Selon plusieurs sources proches du processus de formation du gouvernement, certaines personnalités reconnues pour leur indépendance ou leur intégrité auraient décliné des propositions de postes ministériels. Des refus rarement exprimés publiquement, mais qui circulent dans les milieux politiques et diplomatiques de Conakry. Ces personnalités auraient choisi de ne pas s’associer à ce qu’elles perçoivent comme une tentative de légitimation politique, dans un contexte de scrutin controversé. Pour les détracteurs du pouvoir, ces désistements témoigneraient d’une réticence croissante à cautionner une trajectoire jugée peu conforme aux attentes d’une transition inclusive. Plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile continuent de dénoncer un processus de transition dont les contours et le calendrier demeurent flous. Ils accusent les autorités de chercher à consolider leur position par des ajustements institutionnels successifs, sans véritable ouverture à une alternance négociée. Du côté du pouvoir, la ligne officielle reste axée sur la nécessité de stabilité et de continuité de l’action publique, face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux du pays. La sortie du président à Kaloum, largement relayée par les canaux officiels, intervient dans ce climat de tensions feutrées. Elle participe d’une communication centrée sur la proximité avec les citoyens, alors que les attentes restent fortes sur les questions de gouvernance, de transition politique et de crédibilité institutionnelle. Dans les semaines à venir, la capacité du gouvernement reconduit à répondre à ces attentes sera scrutée de près, tant par les partenaires internationaux que par une opinion publique guinéenne attentive aux signaux envoyés par le sommet de l’État.

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