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Nigeria: L’armée déployée dans l’État de Kwara après le massacre de 162 civils

Au Nigeria, après l’attaque sanglante survenue dans le centre du pays, qui a fait au moins 162 morts, le président nigérian ordonne le déploiement immédiat de l’armée. Les autorités accusent le groupe jihadiste Boko Haram d’être à l’origine de l’un des massacres les plus meurtriers de ces derniers mois.

 

Une attaque d’une violence extrême

Mardi 3 février 2026, soir, le village de Kanam, situé dans le centre du Nigeria, a été la cible d’une attaque armée.

Le dernier bilan, établi mercredi 11 mai 2022, fait état de 162 morts.
Les habitants étaient pris au piège.

Les assaillants ont frappé sans distinction. La zone, jusque-là relativement épargnée, basculait ainsi dans l’horreur.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un communiqué officiel a été publié par Bayo Onanuga, conseiller spécial du président Bola Tinubu.

Le chef de l’État a ordonné l’envoi d’un bataillon de l’armée dans l’État de Kwara. Les autorités ont pointé du doigt Boko Haram, responsable présumé de cette attaque meurtrière.

L’opération « Savannah Shield » lancée

L’opération militaire, baptisée « Savannah Shield », a pour objectif de neutraliser les terroristes et de protéger les populations civiles.

Le texte officiel précise que les communautés sans défense doivent être sécurisées de toute urgence.

Le président nigérian s’est également exprimé sur le courage des victimes. Il a salué des habitants qui, bien que musulmans, avaient refusé d’adhérer à une idéologie violente, privilégiant la paix et le dialogue.

Un message fort, dans un contexte de tensions religieuses souvent instrumentalisées.

Le gouverneur aux côtés des populations

Mercredi soir, le gouverneur de l’État de Kwara, Abdul Rahman Abdul Razaq, s’est rendu à Kanam. Il apportait son soutien aux familles endeuillées.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il rappelait que le village de Woro avait rejeté une doctrine islamique radicale et provocatrice.

 

Le Nigeria faisait déjà face à une insécurité persistante. Depuis 2009, Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest menaient une insurrection dans le nord-est.

Dans le nord-ouest et le centre-nord, des groupes armés criminels sévissaient. À cela s’étaient ajoutés des mouvements jihadistes locaux, comme Lakurawa et Mahmuda.

Réactions internationales et coopération militaire

L’attaque a suscité de vives réactions à l’international. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fermement condamné l’attentat.

Il a réaffirmé la solidarité des Nations unies avec le peuple nigérian et insisté sur la nécessité de traduire les auteurs en justice.

Aux États-Unis, le président Donald Trump affirmait que les chrétiens du Nigeria étaient victimes d’un « génocide ».

Abuja et la majorité des experts rejetaient ces accusations, rappelant que les violences touchaient indifféremment chrétiens et musulmans.

Depuis Noël, l’armée américaine avait mené des frappes ciblées dans l’État de Sokoto contre des membres présumés de l’État islamique.

La coopération militaire entre Washington et Abuja s’est depuis renforcée, avec la fourniture d’armes, le partage de renseignements et le déploiement de militaires américains pour appuyer l’armée nigériane.

Une nation encore sous la menace

Premier producteur de pétrole d’Afrique et pays le plus peuplé du continent, le Nigeria reste confronté à une insécurité multiforme.

Malgré les opérations militaires, les populations civiles continuent de payer le prix fort.

Le massacre de Kanam rappelle une réalité brutale. Tant que les groupes armés resteront actifs, la paix demeurera fragile et le deuil, quotidien.

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