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Yamoussoukro : Mamadou Berté dresse le bilan et met à l’honneur les différents acteurs du CCAK

À Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, la deuxième édition des Journées nationales du producteur coton, anacarde et karité (JNPCA 2026) s’est ouverte ce vendredi 06 février 2026 devant des milliers de producteurs venus des principaux bassins agricoles du pays.

À la tribune, Mamadou Berté, directeur général du Conseil coton anacarde karité et commissaire général de l’événement, a salué une mobilisation qu’il juge à la hauteur des enjeux. Devant un parterre d’ambassadeurs, d’élus, de représentants de l’administration et du monde rural, il a replacé ces journées dans la dynamique engagée depuis plus d’une décennie pour renforcer ces trois filières stratégiques.

Hommage aux autorités et aux producteurs
Le directeur général du Conseil a exprimé sa reconnaissance au président de la République, Alassane Ouattara, pour les réformes engagées dans le secteur agricole. Il a également remercié le vice-président et le Premier ministre pour leur accompagnement, ainsi que le ministre de l’Agriculture et l’ensemble du gouvernement. Mais l’essentiel de son propos s’est adressé aux producteurs. « Votre résilience face aux aléas climatiques et votre engagement quotidien constituent la véritable force de nos filières », a-t-il déclaré en substance, invitant l’assistance à applaudir ces femmes et ces hommes qui portent l’économie rurale. Plus de 500 000 producteurs d’anacarde, plus de 100 000 producteurs de coton et plusieurs milliers de collectrices de karité contribuent aujourd’hui à la vitalité de ces chaînes de valeur.

Le coton en phase de redressement, l’anacarde confirme sa position mondiale
Concernant la filière coton, Mamadou Berté a rappelé les progrès réalisés ces dernières années malgré des périodes difficiles. La production de coton graine est passée de 352 134 tonnes en 2012-2013 à 559 483 tonnes en 2020-2021, avant de connaître un ralentissement lié notamment aux attaques parasitaires enregistrées en 2022-2023. La campagne 2024-2025 affiche une production de 311 658 tonnes, signe d’un redressement progressif. Les réformes structurelles et les mécanismes d’appui déployés par le Conseil, avec le soutien des pouvoirs publics, ont contribué à stabiliser la filière et à maintenir la confiance des producteurs. La filière anacarde demeure l’un des piliers de l’économie agricole ivoirienne. En 10 ans, la production nationale de noix brute a connu une progression soutenue, atteignant 1 549 222 tonnes en 2025. La Côte d’Ivoire conserve ainsi sa place de premier producteur et exportateur mondial de noix de cajou brute. Parallèlement, la transformation locale a connu une évolution notable. Le taux de transformation, qui se situait autour de 6,2 % en 2016 avec un peu plus de 40 000 tonnes traitées localement, approche désormais 43 % en 2025, soit près de 660 000 tonnes transformées sur le territoire national. Cette évolution repose sur la mise en place d’unités industrielles dans les zones de production et sur des incitations destinées à encourager l’investissement local. Elle participe à la création d’emplois et à la diversification des revenus.

 

Le karité, un potentiel à valoriser
Intégrée aux missions du Conseil en avril 2025, la filière karité représente un levier supplémentaire, en particulier pour l’autonomisation économique des femmes. L’amande et le beurre de karité trouvent des débouchés sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs cosmétique et agroalimentaire. Pour le Conseil, cette intégration traduit une volonté de diversification et d’inclusion, en élargissant le champ d’intervention à une filière longtemps portée par des organisations féminines. Mamadou Berté a insisté sur les actions sociales conduites au profit des communautés rurales. En 2025, le Conseil a financé la construction de 15 salles de classe, la réhabilitation et l’équipement de six autres, ainsi que la réalisation de deux dispensaires et d’une maternité. Dix-neuf ambulances ont été mises à disposition des conseils régionaux et vingt systèmes hydrauliques villageois améliorés ont été installés. Treize groupements de femmes et de jeunes ont également bénéficié d’équipements apicoles et agricoles pour développer leurs activités génératrices de revenus. Ces initiatives, appuyées par des partenaires privés, traduisent une approche qui associe développement agricole et amélioration des conditions de vie.

Professionnalisation et traçabilité
Placée sous le thème « Renforcer la résilience et la compétitivité des filières coton, anacarde et karité pour des producteurs plus professionnels », cette édition met l’accent sur l’adaptation au changement climatique, la qualité, la transformation locale et la digitalisation. Le directeur général a évoqué le projet d’identification des exploitants d’anacarde. Une phase pilote, conduite dans la région du Tchologo, a permis de recenser près de 22 000 producteurs. Ceux-ci recevront une carte professionnelle et seront intégrés à la couverture maladie universelle. En 2026, le projet sera étendu aux autres zones de production. L’objectif est de disposer d’une base de données fiable pour améliorer la traçabilité, faciliter l’accès au financement et optimiser les politiques d’appui.

Après une première édition organisée à Abidjan et ayant réuni plus de 6 000 participants, la décision de tenir cette deuxième édition à Yamoussoukro répond à une volonté d’ancrage territorial.
Région de production et carrefour géographique, la capitale politique offre un cadre adapté pour accueillir les acteurs venus du nord, du centre et de l’ouest du pays. Les deux journées prévues rassemblent plus de 7 000 participants. Au programme figurent distinctions des meilleurs producteurs, expositions thématiques, rencontres professionnelles et signatures de partenariats. Mamadou Berté a réaffirmé la détermination du Conseil à poursuivre l’amélioration des revenus des producteurs, à renforcer la structuration des organisations professionnelles et à consolider la gouvernance des filières. À ses yeux, le développement du coton, de l’anacarde et du karité ne peut être dissocié du bien-être des communautés rurales. « Ces filières constituent un maillon essentiel de l’économie nationale », a-t-il rappelé, saluant l’engagement constant des autorités et la mobilisation des acteurs. À Yamoussoukro, les JNPCA 2026 ont ainsi pris l’allure d’un rendez-vous de bilan et de projection, dans un contexte où l’agriculture demeure l’un des socles de la croissance ivoirienne.

 

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