04302026Headline:

Loyers chers à Abidjan : Une marche prévue le 28 février 2026

La pression immobilière à Abidjan atteint un seuil critique. Face à la flambée persistante des loyers dans la capitale économique ivoirienne, le mouvement citoyen dénommé « Les Chapeaux Rouges » a décidé de passer à l’action. Ses responsables annoncent l’organisation d’une marche pacifique le 28 février 2026 pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« injustice sociale majeure » frappant des milliers de ménages.

En prélude à cette mobilisation, le président du mouvement, Cahié Kunta, et son porte-parole, Dabé Nogbo, ont co-animé une conférence de presse le jeudi 19 février 2026, à Miracle 12 Instituts, sis à la Riviera Palmeraie . Devant un parterre de journalistes et de sympathisants, les initiateurs ont détaillé les motivations de leur engagement et présenté les grandes lignes de leur action.

Un constat sans appel
Dans une déclaration lue par Cahié Kunta, le constat est sans appel : « Aujourd’hui à Abidjan, pour avoir un bon studio, il faut compter entre 120 000 et 250 000 francs CFA selon la commune ; un appartement entre 250 000 et 750 000 francs CFA ; et une villa entre 450 000 et 1,5 million de francs CFA, avec un SMIG fixé à 75 000 francs CFA ». Pour le président des Chapeaux Rouges, le décalage entre le niveau des loyers et le pouvoir d’achat des populations est devenu insoutenable.

Selon lui, le phénomène touche toutes les couches sociales. « Trop longtemps, nos populations ont été écrasées par des loyers exorbitants, par des propriétaires abusifs et par un système qui ignore les droits fondamentaux des citoyens », a-t-il déploré. Créé le 5 décembre 2025, le mouvement se présente comme une initiative citoyenne, apolitique et républicaine, née d’un ras-le-bol général.

Le logement ne devrait pas être soumis à une spéculation financière des bourreaux contre les plus démunis
Cahié Kunta n’a pas manqué de rappeler que le droit au logement figure parmi les droits fondamentaux reconnus par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. « Se loger, se nourrir et se vêtir sont des droits vitaux de l’homme sur la terre. Le logement ne devrait pas être soumis à une spéculation financière des bourreaux contre les plus démunis », a-t-il insisté.

Dans une envolée qui a marqué les esprits, il a affirmé que, depuis 1960, aucun mouvement apolitique n’avait organisé de marche civique et républicaine en Côte d’Ivoire pour défendre une cause sociale. « Nous sommes les premiers dans l’histoire du pays. C’est historique ! », a-t-il lancé, visiblement déterminé à inscrire son initiative dans une dynamique nouvelle de participation citoyenne.

Dans le strict respect des lois Républicaines
Le président des Chapeaux Rouges a tenu à préciser que leur action s’inscrit dans le strict respect des lois de la République. « Nous sommes apolitiques et 120 % républicains. Depuis notre création, nous avons suivi toutes les procédures légales », a-t-il assuré. Un courriel officiel a été délivré aux autorités compétentes le 30 janvier 2026 pour solliciter l’autorisation d’organiser la marche.

À la suite de cette démarche, les responsables du mouvement ont été reçus par les autorités préfectorales le 4 février 2026. « La date du 28 février a été validée par le préfet. Nous attendons l’approbation de l’itinéraire définitif ainsi que la réunion d’ensemble avec la police et la gendarmerie afin d’encadrer notre marche dans le respect total des règles et de la sécurité publique », a-t-il précisé.

Leur mutisme légitime l’injustice et trahit les principes mêmes de la République
Au-delà de la dénonciation, Les Chapeaux Rouges entendent interpeller l’ensemble des acteurs de la société. Cahié Kunta s’en est pris à ceux qu’il appelle « les ennemis de la République par omission », c’est-à-dire ceux qui, malgré leur influence, gardaient le silence face à la cherté des loyers. Il cite notamment les députés fraîchement élus, les chefs d’entreprise, les artistes, les footballeurs internationaux, les journalistes, les influenceurs et les personnalités publiques. « Leur mutisme légitime l’injustice et trahit les mêmes principes de la République », a-t-il augmenté.

Conscients que la simple protestation ne saurait suffire, les initiateurs de la marche proposent des solutions concrètes à court terme. Parmi celles-ci figurent l’homologation des prix des loyers par commune afin de protéger les locataires contre les abus, la création d’un département spécial locataires-propriétaires chargé de réguler les relations et de gérer les conflits, ainsi que la mise en place d’une police du respect des loyers et des conditions de logement pour assurer une application stricte et transparente des règles.

Les suggestions du mouvement
Le mouvement suggère également le désengorgement d’Abidjan par le déplacement de plusieurs sièges d’institutions et de ministères vers l’intérieur du pays, afin d’alléger la pression sur le marché immobilier et de favoriser une meilleure répartition des ressources et des opportunités.

Les Chapeaux Rouges accordent toutefois les efforts déjà consentis par les autorités, notamment en matière de construction de logements sociaux et à travers la loi limitant la prudence et l’avance à deux mois chacun. Mais pour eux, ces mesures demeurent insuffisantes au regard du déficit actuel en logements accessibles.

« Nous marchons pour la justice, pour la dignité et pour l’avenir de nos familles », a conclu Cahié Kunta, appelant toutes les personnes de bonne volonté à se joindre à cette mobilisation pacifique et républicaine. Le 28 février prochain, la rue dira si cette grogne silencieuse s’est transformée en véritable mouvement populaire.

What Next?

Related Articles