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Venezuela : La présidente par intérim Delcy Rodriguez promulgue la loi d’amnistie après son adoption

La présidente par intérim Delcy Rodriguez a promulgué la loi d’amnistie adoptée par l’Assemblée nationale après deux rapports. Si le texte exclut les crimes les plus graves, il nourrit un mélange de soulagement et de vigilance chez les familles détenues, qui attendent désormais des gestes concrets.

« Il faut savoir demander pardon », a lancé Delcy Rodriguez en promulguant la loi d’amnistie adoptée après deux rapports. Mais derrière cette formule solennelle, les applaudissements retenus de l’Assemblée résonnent davantage comme un soupir de soulagement que comme une victoire, tandis que les familles détenues oscillent entre espoir et vigilance.

Une adoption sous tension politique et des exclusions qui redessinent les frontières du pardon

Le chemin vers l’adoption de cette loi n’a pas été simple. Deux rapports successifs avaient alimenté la nervosité des familles et des organisations de défense des droits humains , qui craignaient un enlisement politique. L’Assemblée nationale, dans un climat tendu, a finalement voté le texte, ouvrant une brèche vers une possible réconciliation nationale.

Delcy Rodriguez, en signant la loi, a insisté sur la nécessité de « savoir demander pardon ». Ce geste, au-delà de sa portée juridique, s’inscrit dans une stratégie politique de montrer que le pouvoir est capable d’apaisement, tout en gardant la main sur les contours de ce pardon. L’amnistie devient ainsi un instrument de légitimation, autant qu’un signal adressé à l’opposition et à la communauté internationale. La loi couvre trois périodes précises de l’histoire récente du Venezuela, marquées par des tensions politiques et sociales. Mais elle trace des lignes rouges nettes. Les auteurs de violations graves des droits humains, de crimes contre l’humanité, d’homicides, de trafic de drogue ou de corruption en sont exclus.

De même, ceux qui ont participé ou facilité des actions armées contre l’État ne pourront pas bénéficier de l’amnistie. Cette distinction vise à séparer les délits politiques des crimes jugés inacceptables par la société. Elle reflète une volonté de réconciliation sélective, celle de pardonner aux opposants politiques , mais maintenir une fermeté absolue face aux crimes soutenus comme destructeurs pour la nation.

Entre applaudissements retenus et espoir fragile s’annonce une réconciliation encore à l’épreuve du réel
Dans les rues et devant les prisons, les proches des détenus ont suivi les débats avec fébrilité, souvent via des téléphones portables. Les applaudissements qui ont accompagné l’ adoption de la loi étaient plus synonymes de soulagement que de joie. Petra Vera, qui campe avec son mari devant la prison de la Zona 7 à Caracas, déclare être « Heureuse et pleine d’espoir, mais toujours sur le qui-vive, parce que tant que nous ne les verrons pas dehors, nous n’allons pas cesser de lutter. » elles accueillent la loi comme une avancée, mais refusant de se laisser emporter par l’enthousiasme tant que les libérations ne sont pas efficaces. Pour elles, l’amnistie reste une promesse suspendue, un texte qui doit encore se traduire en actes. Si la promulgation de la loi marque une étape symbolique, son application concrète reste attendue. Les familles ne veulent pas se contenter de promesses elles attendent des libérations efficaces, des gestes tangibles qui viendront confirmer que le pardon n’est pas seulement un mot. La loi d’amnistie, en ouvrant une brèche vers le pardon, met à l’épreuve la capacité du Venezuela à transformer un geste politique en réalité sociale. Elle interroge aussi la sincérité du pouvoir. S’il s’agit d’un véritable pas vers la réconciliation, ou d’une manœuvre destinée à apaiser momentanément les tensions ? Au-delà des prisons, c’est toute la société vénézuélienne qui est concernée. La loi pourrait contribuer à référer certaines blessures, mais elle risque aussi de raviver des débats sur la mémoire, la justice et la responsabilité.

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