En 2025, près de 600 personnes ont perdu la vie dans des lynchages populaires au Kenya, un chiffre qui alerte sur la montée d’une justice expéditive dans un climat de défiance envers les forces de l’ordre. Les autorités promettent désormais des mesures fortes pour enrayer cette dérive.
Le Kenya est confronté à un phénomène de violence collective d’une ampleur inédite. Selon un rapport présenté mercredi au Parlement, 579 personnes ont été tuées et 266 blessées en 2025 lors de lynchages perpétrés par des foules en colère. Le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a qualifié ce bilan d’« alarmant », pointant du doigt une perte de confiance généralisée dans les institutions judiciaires et policières.
Les comtés de Kiambu (58 victimes), Nairobi (55) et Kisumu (36) figurent parmi les zones les plus affectées. Ces incidents, souvent déclenchés par des accusations de vol ou de sorcellerie, reflètent une tendance inquiétante où la population se substitue à la justice officielle.
« Nous assistons à une érosion de la primauté du droit », a reconnu Murkomen, tout en annonçant une série de mesures pour restaurer l’ordre et la confiance. Le gouvernement s’engage à renforcer les commissariats, améliorer les enquêtes criminelles et mettre en place un registre numérique national des incidents afin de garantir une meilleure transparence et un suivi rapide des violences communautaires.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont salué cette initiative, tout en appelant à une réforme plus profonde du système judiciaire et au déploiement de campagnes de sensibilisation dans les régions rurales. Pour elles, la persistance de ces lynchages traduit avant tout un désespoir face à l’impunité et à la lenteur des procédures judiciaires.
À travers ces annonces, Nairobi espère inverser une dynamique mortifère qui met à mal l’autorité de l’État et la cohésion sociale, dans un contexte déjà marqué par la montée des tensions économiques et politiques.



