Les pluies torrentielles qui ont frappé le Maroc et la péninsule Ibérique au début de 2026, causant des dizaines de morts et contraignant des centaines de milliers de personnes à quitter leur domicile, ont été amplifiées par le changement climatique, selon une étude publiée ce jeudi 26 février par le groupe scientifique World Weather Attribution (WWA).
D’après ce rapport, les journées les plus pluvieuses dans la région sont désormais environ 30 % plus humides qu’à l’époque préindustrielle, lorsque la température moyenne mondiale était inférieure d’environ 1,3 °C. Le WWA, qui analyse les liens entre phénomènes météorologiques extrêmes et réchauffement climatique, met ainsi en évidence une intensification marquée des épisodes de précipitations extrêmes.
Entre le 16 janvier et le 17 février, neuf tempêtes successives ont déversé des pluies diluviennes et provoqué des vents violents sur le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Ces intempéries ont fait plus de 50 morts et forcé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile.
L’étude estime par ailleurs que l’intensité des précipitations a augmenté d’environ 11 % dans le nord du Portugal et le nord-ouest de l’Espagne par rapport à la période préindustrielle.
Selon le WWA, cette succession exceptionnelle de tempêtes s’explique en partie par un système anticyclonique bloqué au-dessus de la Scandinavie et du Groenland, qui a favorisé un enchaînement ininterrompu de perturbations sur l’Europe de l’Ouest. À cela se sont ajoutées des eaux anormalement chaudes dans l’océan Atlantique, à l’ouest de la péninsule Ibérique, qui ont renforcé ces tempêtes en accroissant la quantité d’humidité disponible.
Le groupe World Weather Attribution est pionnier dans la science dite « de l’attribution », qui s’appuie sur des méthodes rigoureuses pour évaluer l’influence du changement climatique sur les événements extrêmes. Cette approche consiste à comparer les observations actuelles à des simulations climatiques représentant les conditions qui prévalaient avant l’industrialisation et l’utilisation massive des combustibles fossiles, à partir du XIXe siècle.
Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les épisodes de précipitations journalières les plus intenses enregistrés dans les trois pays, puis ont reconstitué leur évolution jusqu’à l’ère préindustrielle afin d’évaluer dans quelle mesure leur fréquence et leur intensité ont été modifiées par le réchauffement climatique.
Principales recommandations
Une analyse complémentaire estimant l’évolution du nombre d’épisodes de fortes précipitations dépassant un certain seuil indique une augmentation des événements les plus extrêmes, notamment dans la région nord, fait noter WWA, qui relève cependant, que ces résultats dépendent fortement de la région et des données choisies.
En résumé, bien que tous les éléments de preuve soient très incertains, et que les chiffres exacts dépendent fortement de la région et de l’ensemble de données choisis, ils indiquent une intensification des épisodes de fortes pluies, en particulier les plus extrêmes.
Selon l’étude, bien que tous les pays aient réalisé des progrès, à des degrés divers, dans le renforcement de leurs systèmes de gestion des catastrophes, il reste nécessaire de mieux harmoniser les systèmes d’alerte précoce et d’intervention aux niveaux national et municipal, ainsi que le renforcement des capacités au niveau local.
Pour réduire les risques d’inondations futures, WWA recommande de mettre à jour régulièrement les informations sur les risques de catastrophes en intégrant les évaluations de vulnérabilité, la cartographie de l’exposition et les projections climatiques.
Les décisions d’aménagement du territoire doivent ensuite intégrer et appliquer la réduction des risques dans l’ensemble des plans d’utilisation des sols, des codes du bâtiment et des décisions d’investissement dans les infrastructures, souligne le rapport.
Pour conclure: « les conséquences à long terme des inondations actuelles peuvent également être atténuées si les mesures d’intervention et de relèvement rapide sont mises en œuvre rapidement et correctement. Il s’agit notamment d’évaluer les dommages structurels causés aux habitations, aux écoles, aux routes et aux bâtiments publics, de procéder au nettoyage et à l’élimination sécuritaires des contaminants, de remettre en état les systèmes de gestion de l’eau et des déchets et de vacciner préventivement contre la rougeole dans les camps de déplacés ».
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