04222026Headline:

Maroc: La BERD prévoit une trajectoire de croissance solide pour le Maroc, par l’investissement public et la résilience des secteurs clés

 

Croissance accélérée, inflation maîtrisée et réserves renforcées: la Banque européenne pour la reconstruction et le développement dresse un scénario 2026 plus lisible, malgré des fragilités extérieures persistantes.

L’économie marocaine a changé de rythme en 2025, portée par un redressement agricole et une dynamique non agricole plus solide. Dans ses Regional Economic Prospects de février 2026, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) relève ses prévisions de croissance et dessine une trajectoire 2026 plus lisible, marquée par une inflation contenue, une consolidation budgétaire graduelle et un niveau de réserves en nette amélioration.

Premier signal fort: la révision à la hausse des perspectives. L’institution relève ses projections de 0,6 point pour 2025 et de 0,4 point pour 2026 par rapport à septembre 2025. Le Maroc est désormais attendu à 4,8% en 2025, 4,4% en 2026 et 4% en 2027, après 3,7% en 2024 et 3,7% en 2023. «Le PIB réel a progressé de 4,8% en glissement annuel sur la période janvier-septembre 2025, contre 3,7% en 2024, soutenu par une expansion large, à la fois dans l’agriculture et dans le non-agricole», souligne la BERD. À l’échelle régionale, le Royaume figure parmi les moteurs de l’amélioration du pourtour sud et Est méditerranéen.

Le deuxième marqueur tient à la désinflation. La BERD relève une inflation moyenne de 0,7% en 2025, après 1% en 2024, principalement sous l’effet du recul des prix alimentaires. Ce contexte a permis à Bank Al-Maghrib de maintenir en décembre 2025 son taux directeur à 2,3%, après une baisse cumulée de 75 points de base sur les 18 mois précédents. L’institution monétaire privilégie ainsi la prudence dans un environnement international incertain.

Sur le plan budgétaire, la consolidation progresse par étapes. Le déficit est estimé en recul de 3,9% du PIB en 2024 à 3,6% en 2025, grâce à des recettes fiscales plus élevées. Cette amélioration graduelle renforce la crédibilité macroéconomique tout en préservant les marges nécessaires à l’investissement public et au soutien social.

Le tableau extérieur apparaît plus contrasté. Si la BERD met en avant des arrivées touristiques record de 19,8 millions en 2025 et des transferts soutenus, elle note un affaiblissement relatif de la position extérieure, la hausse des importations entre janvier et novembre ayant dépassé celle des exportations. Le rapport souligne par ailleurs que la majorité des économies suivies enregistrent un déficit commercial avec la Chine, tendance qui s’est aggravée pour près des trois quarts d’entre elles entre 2024 et 2025, le Maroc figurant parmi les pays concernés.

Enfin, la BERD évoque les incertitudes liées aux scénarios tarifaires américains, avec des droits de douane théoriques variant entre 5,7% et 16,6% selon les hypothèses retenues. Sans constituer une prévision d’impact, ces scénarios rappellent l’exposition accrue des économies ouvertes aux recompositions des chaînes de valeur mondiales.

Dans ce contexte, le renforcement des réserves constitue un point d’appui majeur. À 43 milliards de dollars en décembre 2025, les réserves officielles ont progressé de 28,8% sur un an, couvrant près de six mois d’importations, selon la BERD. Un coussin qui améliore la résilience du Maroc face aux chocs externes et conforte la stabilité macroéconomique à l’orée de 2026.

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