Diomaye Faye attendu à la clôture de l’Assemblée générale de sa coalition, sur fond de tensions avec Pastef
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye participera, samedi 7 mars, à la cérémonie de clôture de l’Assemblée générale de validation des textes-fondateurs de la coalition Diomaye-Président, à l’hôtel King Fahd Palace, à Dakar. Une présence attendue qui illustre la recomposition politique en cours autour du chef de l’État, au moment où le fossé se creuse entre lui et son ancienne formation, le Pastef/Les Patriotes, fondé par Ousmane Sonko.
Selon un message adressé jeudi 5 mars aux membres de la coalition, Aminata Touré, superviseure générale de Diomaye-Président et ancienne Première ministre sous Macky Sall, a confirmé « la présence du président de la République à la clôture des travaux ». L’annonce a aussitôt fait réagir les cadres et militants du Pastef, pour qui cette évolution marque une rupture consommée entre le parti historique et l’entourage du chef de l’État.
Une coalition en voie d’autonomisation
Créée pour porter la candidature de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de 2024, alors que Pastef faisait face à sa dissolution, la coalition Diomaye-Président s’impose aujourd’hui comme un instrument politique à part entière. Sous la direction de Mme Touré, elle s’est dotée de structures internes et prépare la validation de ses textes constitutifs. Cette refondation, présentée comme « un pas décisif pour l’organisation du mouvement présidentiel », confirme l’intention du chef de l’État de consolider une assise politique propre.
Le remplacement d’Aïda Mbodji par Aminata Touré à la tête de la coordination générale marque également un tournant. Celle qui fut un pilier de la coalition Benno Bokk Yakaar sous Macky Sall incarne désormais le visage managérial et institutionnel du camp présidentiel. En choisissant de s’appuyer sur d’anciens cadres expérimentés plutôt que sur la garde militante issue du Pastef, le président Faye semble tracer sa propre voie.
Des relations distendues avec le Pastef
Depuis plusieurs mois, les signes de désaccord entre Ousmane Sonko et le président Faye se multiplient. Le Premier ministre et ancien compagnon de route du chef de l’État apparaît de plus en plus isolé dans l’appareil gouvernemental. Les deux hommes, portés par un même élan contestataire avant 2024, ont divergé sur la stratégie à adopter vis-à-vis des institutions et sur la gestion du pouvoir.
Dans les rangs du Pastef, la participation annoncée de Diomaye Faye à un événement organisé par sa coalition propre est perçue comme une forme de désaveu. Plusieurs figures du parti y voient un signal fort : celui d’une recomposition politique dans laquelle le président cherche à se libérer de l’emprise du mouvement d’origine.
Un test politique pour Diomaye Faye
L’assemblée du 7 mars constitue ainsi un moment symbolique. Elle permettra au président Faye de mesurer la capacité de la coalition Diomaye-Président à s’imposer comme force stable et organisée, capable de remplacer le Pastef dans le champ politique sénégalais. En participant à la clôture des travaux, le chef de l’État cherche à afficher sa proximité avec une structure en voie d’institutionnalisation, sans pour autant renoncer à sa prudente retenue vis-à-vis de ses anciens alliés.
À moins d’un an de son élection, Bassirou Diomaye Faye se trouve face à un dilemme classique du pouvoir : préserver l’identité militante qui l’a porté au sommet, ou construire l’appareil politique présidentiel nécessaire à la conduite de l’État. Le week-end politique qui s’ouvre devrait donner une première indication de son choix.



