Les autorités guinéennes ont prononcé la dissolution de quarante partis politiques, dont plusieurs formations majeures de l’opposition, par un décret publié dans la nuit du 6 au 7 mars 2026.
Cette mesure, prise moins de deux mois après l’intronisation du président Mamady Doumbouya, visait des « manquements aux obligations prévues par la législation en vigueur ».
Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) justifie ces dissolutions par des irrégularités administratives et organisationnelles, comme le non-respect des exigences statutaires, la mise à jour des dossiers ou le fonctionnement interne. Depuis plusieurs mois, une évaluation systématique des partis était en cours pour assainir un paysage politique fragmenté, comptant des dizaines de formations peu actives. Les partis concernés perdent le contrôle de leurs ressources et biens, placés sous séquestre étatique, avec scellés sur leurs sièges.
Partis majeurs touchés
Parmi les formations dissoutes figurent des poids lourds comme l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG Arc-en-ciel (ex-parti au pouvoir d’Alpha Condé) et l’UFR de Sidya Touré, dont les leaders sont souvent en exil. D’autres partis tels que le PRP, BAG, PPG AEC, l’UCG ou le MSDD sont également rayés de la carte, interdisant toute activité sous leur bannière. Cette vague fait suite à des suspensions antérieures en 2024 et 2025, renforçant le contrôle de la junte sur l’espace politique.
Cette décision survient à l’approche des élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026, dans un contexte de répression accrue depuis le coup d’État de 2021. Mamady Doumbouya, élu en décembre 2025 pour sept ans face à des rivaux affaiblis, poursuit une mainmise sur l’opposition via suspensions de médias, interdictions de manifestations et arrestations. L’opposition craint un champ politique verrouillé, risquant d’exacerber les tensions.



