Les frappes israéliennes se sont intensifiées sur le territoire iranien. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’aviation spécialement a ciblé les dépôts de carburant situés dans la périphérie de Téhéran. Dans le même temps, Manama a signalé qu’une installation de dessalement avait été endommagée par une attaque en provenance d’Iran. Un élargissement du champ de bataille qui touche désormais des infrastructures jugées stratégiques dans plusieurs pays de la région.
Alors que le conflit mené par les États-Unis et Israël contre la République islamique entre dans son neuvième jour, les autorités iraniennes accélèrent le processus devant aboutir à la désignation d’un nouveau guide suprême. La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, survenue au début de l’offensive, place le régime devant une échéance cruciale. Plusieurs observateurs voient en son fils, figure influente du régime, le successeur le mieux placé pour lui succéder. L’État-major israélien a prévenu qu’il n’hésiterait pas à éliminer le futur guide. De son côté, le président américain Donald Trump a posé ses conditions pour un arrêt des hostilités, exigeant la dissolution de l’armée iranienne et la disparition de ses dirigeants.
Une fumée épaisse recouvre la capitale iranienne
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent, tôt dimanche, une colonne de fumée noire s’élève au-dessus de Téhéran. Les bombardements de la nuit ont touché des centres de stockage de produits pétroliers, provoquant des incendies qui ont éclairé le ciel de la capitale. Selon une source militaire israélienne, ces installations servaient à la fois à la fabrication d’armements et au soutien logistique des bases militaires. La société nationale de distribution pétrolière a confirmé la mort de quatre de ses employés lors de ces raids. Elle a également indiqué qu’un système de rationnement serait mis en place dans certaines régions afin de gérer les stocks disponibles. Peu après ces frappes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé sa détermination à poursuivre l’offensive. Dans une déclaration vidéo, il a annoncé que son gouvernement agirait « sans pitié » contre les responsables iraniens. « Nous disposons d’un plan structuré, incluant des actions inattendues, pour déstabiliser le régime et favoriser une transition », at-il déclaré, promettant de nouvelles cibles. Interrogé par la presse à bord d’Air Force One, Donald Trump a écarté toute négociation pour mettre fin au conflit, malgré ses répercussions sur les marchés de l’énergie et le commerce mondial. « Je ne suis pas sûr qu’à un moment donné, il reste quelqu’un pour dire qu’il se rend », a-t-il lancé.
Les monarchies du Golfe prises pour cible par des drones iraniens
Les autorités saoudiennes, koweïtiennes, émiraties et bahreïnies ont signalé des incursions de drones iraniens sur leur sol au cours du week-end. Au Koweït, un incendie majeur a ravagé un bâtiment abritant des services gouvernementaux. Le ministère de l’Intérieur local a déploré la mort de deux officiers, tombés selon le communiqué « dans l’exercice de leurs fonctions ». À Bahreïn, une usine de dessalement a été endommagée par une attaque de drone. Les autorités ont toutefois tenu à rassurer la population : l’approvisionnement en eau n’a pas été interrompu . Il s’agit de la première fois qu’un pays arabe reconnaît clairement que ses infrastructures de dessalement sont devenues des cibles dans ce conflit. La veille, Téhéran avait accusé Washington d’avoir frappé une usine similaire sur l’île de Qeshm, provoquant des coupures d’eau dans une trentaine de villages. Les autorités iraniennes avaient alors décrété une « manœuvre dangereuse ». L’Arabie saoudite a fait savoir à l’Iran, par des canaux discrets, que les attaques répétées contre son territoire et ses installations pétrolières pourraient l’obliger à répondre de manière symétrique.
Dans un geste d’apaisement, le président iranien Masoud Pezeshkian a présenté ses excuses aux voisins du Golfe pour les tirs visant des bases américaines situées chez eux .
Des excuses qui ont déplu à un parti des conservateurs iraniens, contraignent son cabinet à réaffirmer le droit de réponse de l’armée iranienne. L’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de désigner le guide suprême, pourrait se réunir dès ce dimanche pour entériner un nom. Les médias iraniens évoquent une quasi-unanimité autour du successeur de l’ayatollah Ali Khamenei. L’un des membres de cette instance, l’ayatollah Mohammadmehdi Mirbaqeri, a fait état d’un consensus quasi atteint. Un autre membre, l’ayatollah Mohsen Heidari Alekasir, a expliqué que le candidat retenu répondait aux critères énoncés par Khamenei, selon lesquels le guide doit être « haï par l’ennemi ». Des sources proches du dossier avaient indiqué ces derniers jours à Reuters que le favori était Mojtaba Khamenei. Fils du guide défunt, il a progressivement étendu son influence à la tête des appareils de sécurité et des réseaux commerciaux qui y sont adossés . Sa nomination confirmerait la mainmise des conservateurs pendant le régime.



