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Journée des droits de la femme : Madame Gbagbo lance une initiative pour l’autonomisation des femmes marginalisées

À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée le 8 mars, Nadiany Gbagbo a lancé à Abidjan une initiative sociale baptisée « Action Agir pour les libertés ». C’était lors d’une cérémonie qui s’est tenue au cabinet du président Laurent Gbagbo, en présence de responsables politiques et d’acteurs de la société civile.

Présenté comme un projet social, ce programme vise à soutenir l’autonomisation économique de femmes et de jeunes filles confrontées à des situations de marginalisation. « Action Agir pour les libertés n’est ni un mouvement politique, ni une association féminine. Il s’agit du point de départ d’un projet social », a expliqué Nadiany Gbagbo dans son discours.

En Côte d’Ivoire, l’autonomisation économique des femmes progresse, mais des disparités persistent. Elles représentent 59 % de la population active et produisent 75 % de la nourriture de base, mais seulement 5 % possèdent des terres. Le taux de chômage féminin est de 11,9 % contre 7,4 % chez les hommes, et 27 % des entreprises formelles leur appartiennent. L’activité entrepreneuriale des femmes atteint 10,1 %, contre 12,6 % pour les hommes, avec une forte présence dans le commerce (34 %) et l’artisanat (14,2 %). Entre 20 et 40 ans, le revenu moyen des hommes est trois fois supérieur à celui des femmes, majoritairement actives dans le secteur informel et non rémunéré. L’accès au crédit reste limité, avec seulement 21 % des demandes satisfaites, soulignant l’importance de renforcer leur autonomie économique.

Selon Nady Bamba, l’initiative qu’elle lance s’inspire d’un texte de Laurent Gbagbo intitulé « Agir pour les libertés », rédigé durant son exil en France et repris plus tard dans un ouvrage. Pour la promotrice du projet, la notion de liberté ne se limite pas aux droits politiques. Elle inclut également l’accès à l’éducation, à la formation, à l’autonomie financière et à l’espoir.

Un programme pour l’autonomie économique
La première action concrète de cette initiative prend la forme du programme ERE (Espoir – Résilience – Entreprendre). Ce dispositif entend accompagner des femmes engagées en politique ou issues de milieux vulnérables, souvent confrontées à des difficultés économiques ou professionnelles.

« De nombreuses femmes engagées politiquement sont encore victimes de stigmatisation et de marginalisation. Cela freine leur autonomisation économique et leur participation à la vie publique », a déclaré Nadiany Gbagbo.
Le programme prévoit des formations en gestion de projets, gestion financière, microfinance et fonctionnement des coopératives. L’objectif est aussi de créer un réseau de solidarité et de mentorat entre les participantes.

Selon les organisateurs, les premières bénéficiaires seront notamment des militantes du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), des épouses de détenus politiques, ainsi que des femmes vulnérables et des jeunes filles exclues du système scolaire.

Formation et réseau de solidarité
Directrice des programmes du cabinet, Micaëlle Badé a précisé que cette initiative vise avant tout à renforcer les capacités économiques des femmes. « Nous ne distribuons pas d’argent. Notre philosophie consiste à apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson », a-t-elle indiqué.

Le projet prévoit l’ouverture de centres de formation à Abidjan et à Ouragahio, avec des modules axés sur l’entrepreneuriat et la gestion d’activités génératrices de revenus. Une tournée nationale d’écoute, baptisée « Allo Allo », est également annoncée afin de recenser les besoins économiques des femmes sur le terrain.

Présentation d’un ouvrage
La cérémonie a aussi été marquée par la présentation du premier livre de Nadiany Gbagbo, intitulé « Se lever, se relever, s’élever : Manuel d’espoir au-delà des bras longs ». L’ouvrage, conçu avec la contribution de religieux, d’universitaires et de personnalités des médias, s’adresse principalement aux jeunes femmes.

« Ce livre n’est pas une solution à tout, mais certaines y trouveront des outils pour démarrer une activité, même sans ressources importantes », a-t-elle expliqué.

En clôture de la rencontre, l’initiatrice du projet a lancé un appel aux institutions et aux partenaires afin de soutenir cette action, présentée comme une contribution à une société plus inclusive et plus solidaire. Elle a également exprimé un vœu pour la libération de plusieurs femmes détenues, avant d’annoncer un don d’un million de francs CFA destiné au soutien de prisonniers d’opinion.

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