La première session ordinaire du Sénat pour l’année 2026 suit son cours à Yamoussoukro. Ouverte le 28 janvier dernier, conformément à l’article 94 nouveau de la Constitution, elle continue de s’égrainer progressivement selon les différentes sollicitations. Ce vendredi 13 mars, les sénateurs ont adopté, en séance plénière, le calendrier de leurs travaux parlementaires pour la période allant du 12 mars au 19 juin.
La séance s’est tenue à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, qui sert d’hémicycle à la haute Chambre. Présidée par Mme Kandia Camara, elle a vu l’approbation à l’unanimité de l’ordre du jour des travaux, conformément au règlement intérieur du Sénat. Les listes des membres des commissions permanentes ont également été ratifiées, après les réaménagements intervenus récemment au sein de l’institution.
Un programme chargé pour les sénateurs assorti d’un symposium
La proposition d’ordre du jour adoptée par les sénateurs porte sur un ensemble de vingt-cinq projets de loi. Ces textes se répartissent en trois catégories : 13 projets de loi de ratification d’ordonnances, 7 projets de loi ordinaires, et 5 projets de loi de ratification de traités et accords internationaux. Un programme dense qui occupera les élus pendant les trois prochains mois. Les travaux s’annoncent soutenus, avec des dossiers touchant à des domaines variés de la vie nationale. La ratification des ordonnances, en particulier, constitue une étape importante dans le processus législatif, puisqu’elle transforme en lois des mesures prises par le gouvernement dans l’intervalle des sessions. Un événement majeur figure à l’ordre du jour. La présidente du Sénat a annoncé l’organisation, du 26 au 28 mars 2026, d’un symposium international sur les collectivités territoriales. Le thème retenu : « Accélérer la décentralisation pour un développement local effectif ».
L’organisation de ce symposium répond à la mission constitutionnelle du Sénat, qui est de représenter les collectivités territoriales
Cette rencontre de haut niveau répond à un objectif précis : apporter une contribution substantielle à la consolidation du processus de décentralisation en Côte d’Ivoire. Il s’agit de promouvoir un développement local harmonieux, durable et inclusif. Le symposium s’inscrit dans le prolongement d’initiatives déjà engagées par le Sénat dans ce domaine, notamment le forum avec les collectivités territoriales organisé en février 2020, et le séminaire d’élaboration du plaidoyer du Sénat auprès du gouvernement, tenu en octobre 2021. L’organisation de ce symposium répond à la mission constitutionnelle du Sénat, qui est de représenter les collectivités territoriales. Elle réunira d’éminentes personnalités nationales et internationales, des acteurs majeurs de la décentralisation, des experts et spécialistes du développement local. Les présidents de conseils régionaux, les maires, les préfets de région et de département, des universitaires ainsi que des représentants du secteur privé sont également attendus.
La décentralisation, un chantier prioritaire
La décentralisation est l’un des chantiers majeurs de la Côte d’Ivoire depuis plusieurs années. Le pays a engagé un processus de transfert de compétences et de ressources aux collectivités territoriales, dans le but de rapprocher la décision publique des citoyens et de favoriser un développement équilibré du territoire. Les acteurs locaux, élus comme administratifs, font face à de nombreux défis : moyens financiers limités, ressources humaines insuffisantes, complexité des procédures. Le symposium de mars 2026 entend apporter des pistes de solution, en partageant les expériences d’autres pays et en formulant des recommandations concrètes. Pour le Sénat, cette rencontre est aussi une manière de réaffirmer son rôle dans le paysage institutionnel ivoirien. Alors que la Chambre haute est parfois perçue comme éloignée des préoccupations quotidiennes des citoyens, l’organisation d’un tel événement sur la décentralisation ancre son action dans les réalités locales.
Le symposium de mars 2026 entend apporter des pistes de solution, en partageant les expériences d’autres pays et en formulant des recommandations concrètes
Cette première session ordinaire 2026 témoigne de la vitalité du Sénat. Après les réaménagements intervenus ces derniers mois, l’institution affiche sa volonté de travailler efficacement. L’adoption du calendrier des travaux, la ratification des listes des commissions permanentes, l’annonce du symposium : autant de signes que la machine parlementaire tourne à plein régime. L’examen des vingt-cinq projets de loi occupera les sénateurs dans les semaines à venir. Leur contenu, leurs implications pour le pays, feront l’objet de débats approfondis. Quant au symposium sur la décentralisation, il devra produire des recommandations opérationnelles, susceptibles d’être reprises par le gouvernement et les collectivités. Le Sénat ivoirien a posé les bases de son travail pour 2026. Une année qui s’annonce dense sur le plan législatif, avec son lot de textes à examiner et de défis à relever.



