05082026Headline:

Le fret aérien : IATA défini trois priorités stratégiques dont le digital

À l’ouverture du Symposium mondial du fret (WCS) à Lima, l’IATA a tracé la feuille de route d’une industrie en quête de résilience. Entre accélération numérique et harmonisation des normes, le secteur veut blinder ses chaînes d’approvisionnement face aux soubresauts géopolitiques.

Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des échanges et des tensions géopolitiques croissantes, le fret aérien entend s’imposer comme le stabilisateur de l’économie globale.

Brendan Sullivan, directeur mondial du fret à l’Association du transport aérien international (IATA), a profité de l’ouverture du WCS ce 10 mars 2026 pour identifier trois leviers de croissance : le numérique, les normes mondiales et la sécurité.

L’époque des systèmes fragmentés et de la paperasse redondante touche à sa fin. Pour l’IATA, la numérisation n’est plus une option mais une nécessité de survie, particulièrement pour le e-commerce à haut volume.

Le fer de lance de cette transformation est le système ONE Record. Devenu en janvier 2026 la méthode préférée pour l’échange de données, ce standard est déjà adopté par des compagnies représentant 70 % du fret mondial. « C’est une transformation fondamentale dans la gestion des données », a insisté M. Sullivan.

L’organisation appelle désormais les gouvernements à accepter ces données numériques dans leurs déclarations réglementaires pour fluidifier les passages en douane. Le second pilier repose sur la cohérence des normes internationales, souvent entravée par des disparités locales.

Deux dossiers sont jugés critiques, notamment les marchandises dangereuses (DGR). Avec plus de 1 200 acteurs concernés, l’IATA réclame une transparence totale et un alignement strict sur les standards mondiaux pour éviter la complexité opérationnelle.

Ensuite, il y a les créneaux aéroportuaires. L’accès aux hubs majeurs (Heathrow, Dubaï, Bogota) reste un point de friction. Trop souvent relégués à des allocations temporaires, les transporteurs de fret réclament un accès « équitable, transparent et non discriminatoire » pour planifier leurs activités sur le long terme.

La sûreté demeure la priorité absolue. L’IATA exhorte l’industrie et les régulateurs à mettre à jour l’annexe 18 de l’OACI pour mieux répondre aux menaces émergentes, telles que la non-déclaration de marchandises dangereuses ou les risques liés aux piles au lithium.

Sur le volet de la sûreté, l’accent est mis sur la généralisation de la déclaration de sûreté électronique (e-CSD). Cet outil doit permettre de remplacer les processus manuels, souvent sources d’erreurs, par une supervision numérique plus précise et plus rapide.

« La sécurité et la sûreté sont des responsabilités partagées par l’ensemble de l’écosystème », a conclu Brendan Sullivan, rappelant que seule une coopération étroite entre les gouvernements et l’industrie permettra au commerce mondial de fonctionner en toute sérénité.

What Next?

Recent Articles