Le gouvernement burkinabè a adopté, jeudi, en Conseil des ministres, un avant-projet de loi relatif aux libertés religieuses, une initiative présentée comme un levier de consolidation de la cohésion nationale et de préservation de l’ordre public dans un contexte marqué par des tensions liées à l’extrémisme.
Selon le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, le texte vise à combler un vide juridique dans l’encadrement de l’exercice des libertés religieuses au Burkina Faso. « Il s’agit pour l’Exécutif de combler le vide juridique qui caractérisait jusque-là l’encadrement de l’exercice des libertés religieuses », a-t-il expliqué.
L’avant-projet de loi réaffirme notamment la liberté de culte tout en introduisant des mécanismes d’encadrement. Il prévoit, entre autres, une réglementation stricte de l’implantation des lieux de culte, qui devront désormais respecter les règles d’urbanisme. Le texte interdit également l’installation de lieux de culte au sein des services publics, à l’exception des établissements de santé, des prisons et des casernes.
Dans une logique de prévention des dérives, le projet de loi introduit aussi des sanctions contre les propos haineux ainsi que les nuisances sonores ou sociales liées à l’exercice du culte. Pour le gouvernement, ces mesures visent à contenir les risques d’intolérance religieuse, de radicalisation et d’extrémisme violent, dans un contexte où les équilibres sociaux sont jugés fragiles.
Les autorités rappellent que la Constitution burkinabè consacre le principe de laïcité de l’État. Toutefois, l’immixtion croissante du religieux dans la sphère publique et les tensions communautaires ont rendu nécessaire une meilleure régulation du secteur.
Fruit d’un processus de concertation engagé depuis 2015, le texte résulte d’un dialogue élargi avec des acteurs publics, privés et des experts issus de plusieurs disciplines. Cette démarche participative, selon le ministre Zerbo, a permis de prendre en compte les préoccupations des différentes confessions religieuses et de la société civile.
Le Conseil des ministres a marqué son accord pour la transmission de cet avant-projet de loi à l’Assemblée législative de transition, pour examen et adoption. Les autorités y voient une étape importante dans la consolidation du modèle burkinabè de la laïcité, conciliant libertés religieuses et impératifs de sécurité et de cohésion sociale.



