05192026Headline:

Cameroun : Le prix du caoutchouc humide fixé à 373 FCFA contre 352 FCFA en Février

Depuis le 3 mars 2026, les petits producteurs de caoutchouc qui livrent leur production à Hevecam perçoivent 373 FCFA par kilogramme de caoutchouc humide, contre 352 FCFA le mois précédent. Une augmentation de 21 FCFA, soit près de 6 %, qui redonne un peu d’air aux planteurs villageois dans plusieurs régions du pays.

Cette revalorisation concerne les livraisons de fonds de tasses (FDT), le caoutchouc humide collecté directement auprès des exploitants, dans la zone rurale de Ngok (arrondissement de Niété), dans les départements du Moungo (Littoral) et du Dja-et-Lobo (Sud), ainsi que dans les régions du Sud-Ouest, de l’Est et même au Congo voisin. Hevecam, l’un des principaux transformateurs du pays, applique en effet le même barème à l’ensemble de son bassin d’approvisionnement.

Le mécanisme des prix
Le prix du caoutchouc humide est calculé en fonction des 60 % de matière sèche qu’il contient. C’est la cotation du caoutchouc sec à la Singapore Exchange (Sicom), la place de référence mondiale pour le latex naturel, qui sert de base. Cette méthode, rigoureusement appliquée par Hevecam, assure une transmission quasi immédiate des fluctuations internationales jusqu’à la rémunération des planteurs. Les cours mondiaux sont eux-mêmes dictés par l’offre et la demande, dont les principaux arbitres sont les géants asiatiques : Thaïlande, Indonésie et Malaisie réalisent à eux seuls plus de 70 % de la production planétaire. Les industries du pneumatique en Chine, en Europe et aux États-Unis pèsent également sur les prix. La hausse observée en mars traduit une tension modérée sur les stocks et une demande stable des grands transformateurs, malgré des aléas climatiques qui continuent de peser sur plusieurs zones de plantation d’hévéa. Mais la prudence reste de mise : le marché du caoutchouc est coutumier des à-coups, entre variations des cours du pétrole et conjoncture automobile.

La production camerounaise de caoutchouc est évaluée à 36 701 tonnes selon les données de l’Institut national de la statistique pour l’année 2024
Pour les milliers de petits hévéaculteurs qui approvisionnent Hevecam, cette augmentation améliore un peu leurs revenus nets dans un contexte où les charges ne faiblissent pas : entretien des plantations, main-d’œuvre, transport du latex jusqu’aux points de collecte. Ces exploitants artisanaux sont souvent organisés en coopératives ou en groupements d’intérêt économique (GIE). Leur part dans l’approvisionnement de l’usine de Niété ne cesse de croître : dès 2021, ils représentaient plus de 35 % des entrées de caoutchouc, sur une production annuelle d’environ 27 000 tonnes. Depuis, Hevecam a multiplié les points de collecte, consolidant un partenariat qui fait vivre des familles entières dans les zones rurales. Au niveau national, la production camerounaise de caoutchouc est évaluée à 36 701 tonnes selon les données de l’Institut national de la statistique pour l’année 2024, un chiffre en progression.

Un accompagnement public pour soutenir la filière
Pour maintenir cette dynamique, le Programme national de développement du palmier à huile et de l’hévéa (PNDPHH), piloté par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), poursuit ses actions de terrain. Distribution de plants améliorés, fourniture d’intrants, sessions de formation avec pour objectif de réhabiliter les plantations villageoises vieillissantes et d’accompagner les producteurs vers une meilleure productivité. La filière demeure fragile, soumise aux caprices des marchés internationaux. La hausse de mars, bienvenue, ne garantit pas une tendance durable. Pour les planteurs, l’essentiel est pour l’heure de profiter d’un répit après plusieurs mois de cours atones. Et de continuer à croire que le travail de la terre, quand il est bien valorisé, peut encore offrir des lendemains plus sereins. Au Cameroun, la production de caoutchouc augmente de plus de 23% à 9 622 tonnes en un an. Tirée par de nouvelles plantations et le redémarrage progressif des grandes exploitations, la production camerounaise de caoutchouc naturel poursuit sa trajectoire haussière. Mais derrière cette performance quantitative se cache une fragilité structurelle persistante : la faiblesse de la transformation locale.

 

What Next?

Recent Articles