En Colombie, le président Gustavo Petro est visé par deux enquêtes pénales distinctes ouvertes aux États-Unis menées par des procureurs fédéraux américains. L’information a été révélée vendredi 20 mars par le New York Times. Les autorités américaines enquêtent sur de possibles liens entre le chef de l’État colombien et des trafiquants de drogue. C’est une affaire qui fait l’effet d’un coup de tonnerre. La DEA, l’agence antidrogue américaine, l’a désigné cible prioritaire.
Les enquêteurs cherchent à établir si Gustavo Petro a eu des contacts avec des narcotrafiquants, et si son équipe de campagne présidentielle de 2022 a sollicité des financements auprès d’eux. Face à ces accusations, le président colombien a répondu sèchement sur les réseaux sociaux : il nie tout contact avec le monde du narcotrafic en précisant n’avoir jamais été accusé de quoi que ce soit dans son pays.
« De toute ma vie, je n’ai jamais parlé avec un trafiquant de drogue », a réagi sur son compte X Gustavo Petro. « J’ai toujours dit à mes directeurs de campagne de n’accepter aucune donation provenant de banquiers, ni de narcotrafiquants », a-t-il dit, ajoutant qu’une enquête approfondie sur sa campagne présidentielle n’avait pas « révélé le moindre centime issu du trafic de drogue ».
Des enquêtes « de la droite colombienne »
Selon lui, ces enquêtes viennent « de la droite colombienne, de leurs amis qu’il a extradés, et de leurs amis du département d’État américain ». Pour Gustavo Petro, il ne s’agit pas d’une manœuvre de Donald Trump. Selon le New York Times, les enquêtes en sont à leurs débuts et rien n’indique pour l’instant qu’elles aboutiront à des inculpations. Ces enquêtes arrivent à un moment délicat où la Colombie est au milieu d’un processus électoral pour choisir un nouveau président en mai prochain. Certains craignent l’instrumentalisation des faits pour tenter d’influencer le résultat du scrutin.
L’ambassade de Colombie aux États-Unis a exhorté dans un communiqué à prendre « avec prudence » ces informations au sujet du président Petro, soulignant qu’elles n’ont été confirmées ni annoncées publiquement par « aucune autorité compétente » américaine. « Les insinuations publiées n’ont pas de base légale ni factuelle », affirme l’ambassade, assurant que « le parcours du président Gustavo Petro a été marqué par une action soutenue, visible et souvent difficile contre l’illégalité, y compris contre les organisations criminelles transnationales impliquées dans le trafic de stupéfiants ».
Pour rappel, les relations houleuses entre Donald Trump et son homologue colombien se sont relativement apaisées ces derniers temps à la suite de leur rencontre à Washington début février.



