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En Afrique subsaharienne, près de 400 000 000 de personnes manquent d’eau potable

Le 22 mars, l’ONU a mis l’accent sur les inégalités d’accès à l’eau potable, qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. En Afrique subsaharienne, près de 400 millions de personnes manquent encore d’eau de qualité. La Journée mondiale de l’eau, instituée par les Nations Unies en 1993, est célébrée chaque année le 22 mars. Pour 2026, le thème retenu est « L’eau, source d’égalité », une manière de mettre en lumière les disparités d’accès à cette ressource vitale. L’objectif est de rappeler que l’égalité entre hommes et femmes passe aussi par l’eau potable.

Selon un rapport d’ONU-Femmes publié en 2023, 380 millions de femmes et de jeunes filles, soit 9,5 % de la population féminine mondiale, vivent dans des conditions de stress hydrique élevées ou critiques. Ce chiffre pourrait atteindre 674 millions dans 33 pays d’ici 2050. Dans 53 pays du monde, les femmes et les filles consacrent 250 millions d’heures par jour à la collecte de l’eau, soit trois fois plus que les hommes et les garçons. « Confier cette corvée aux femmes creuses les retards en santé, éducation et dignité », soulignent Halila Nsakala et Jean-Patrice Poirier, experts des questions hydriques.

Ce qu’il faut savoir sur l’état de la planète
L’ONU alerte sur une « faillite mondiale de l’eau ». La planète vit au-dessus de ses moyens, épuisant des ressources non renouvelables. Selon les données des Nations unies, 2,1 à 2,2 milliards de personnes manquent encore d’eau potable gérée en toute sécurité. Chaque année, 400 000 enfants de moins de cinq ans meurent à cause d’une eau insalubre . La situation est particulièrement critique au Moyen-Orient, où les conflits en cours menacent gravement les infrastructures d’approvisionnement. Ce 22 mars, au vingt-troisième jour de la guerre dans la région, l’Iran a annoncé de « graves dégâts » sur ses infrastructures d’eau et d’énergie. Des dizaines d’installations de transmission et de traitement de l’eau auraient été visées par des frappes israélo-américaines, selon le ministre iranien de l’Énergie, Abbas Aliabadi. En représailles, l’Iran a menacé de frapper les usines de dessalement du Golfe. Or, 40 à 60 % de la capacité mondiale de dessalement se trouve dans cette région, qui ne possède que 2 % des réserves mondiales d’eau douce renouvelables. Le Koweït dépend à 90 % du dessalement, Oman à 86 %, l’Arabie saoudite à 70 % et les Émirats arabes unis à 42 %. Une escalade dans ce sens aurait des conséquences désastreuses pour les populations civiles.

Le fardeau des femmes africaines
En Afrique subsaharienne, le compte n’y est pas. On est encore très loin des objectifs fixés par l’ODD numéro 6, qui vise un accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030. Seulement 30 % de la population subsaharienne a un accès à l’eau en toute sécurité . Dans les autres régions du monde, ce taux dépasse les 75 %. Au rythme actuel, il devrait des décennies à l’Afrique subsaharienne pour rattraper ce retard. Près de 400 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à une eau de qualité, et ce sont surtout les femmes et les filles qui en supportent le poids. Dans les zones rurales, la corvée d’eau absorbe une part considérable de leur temps, au détriment de l’éducation et des activités génératrices de revenus. Au Mali, l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens est pourtant un droit reconnu par l’article 10 de la Constitution du 22 juillet 2023. Mais sur le terrain, les réalisations peinent à suivre les engagements. Le Groupe de la Banque africaine de développement prévoit organiser un événement à l’occasion de cette Journée mondiale de l’eau pour faire face aux enjeux.

Dans 53 pays du monde, les femmes et les filles consacrent 250 millions d’heures par jour à la collecte de l’eau, soit trois fois plus que les hommes et les garçons.
L’objectif est de présenter les enseignements tirés des opérations hydriques soutenues par l’institution, d’explorer les moyens de financer des investissements résilients au climat et sensibles au genre, et de promouvoir des politiques garantissant aux femmes un accès équitable aux ressources en eau. L’innovation numérique est également mise en avant comme un levier pour améliorer la gestion de l’eau. Les outils numériques permettent une surveillance en temps réel, la détection des fuites et une distribution plus équitable grâce aux données. L’entreprise Diehl Metering, partenaire du secteur public, rappelle que la digitalisation peut aider à réduire les pertes, renforcer la résilience des infrastructures et bâtir un avenir où l’eau est disponible de manière fiable. Quand à l’ONU, elle insiste sur l’urgence d’agir. L’eau est au cœur des questions géopolitiques contemporaines et est à l’origine de graves crises et de déplacements de populations. Selon l’UNICEF, 1,42 milliard de personnes, dont 450 millions d’enfants, vivent dans des zones à haute vulnérabilité hydrique. Lors de cette Journée mondiale de l’eau 2026, les institutions internationales appellent les gouvernements, les partenaires du secteur privé et les communautés à se mobiliser pour faire de l’eau une source d’égalité. Car comme le rappelle le thème de cette année, « là où l’eau coule, l’égalité grandiose ».

 

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