04212026Headline:

Commerce transnational : Abidjan et le Accra veulent fluidifier leurs frontières

En marge de la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tient à Yaoundé du 26 au 29 mars 2026, le ministre ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, Kalil Konaté, multiplie les rencontres bilatérales avec ses homologues.

Mercredi 25 mars, il a eu un entretien en tête-à-tête avec la ministre du commerce de la République du Ghana, Élisabeth Ojuzu. Les deux ministres ont d’abord salué la qualité des relations entre leurs deux pays, qu’ils ont qualifiés de « familiales ». Des échanges cordiaux qui ont été rapidement portés sur les sujets concrets de la coopération commerciale entre Abidjan et Accra.

Les tracasseries frontales en ligne de mire
Au cœur des discussions, la question de la fluidité du transport de marchandises à la frontière commune entre les deux pays voisins. La ministre ghanéenne a fait partie de ses préoccupations : parfois, en raison des tracasseries administratives, les camions de transport restent bloqués plusieurs jours, voire des semaines, avant de pouvoir franchir la frontière. Des situations qui pénalisent les commerçants des deux côtés et ralentissent les échanges dans une zone où l’activité économique est pourtant intense. Le ministre Kalil Konaté a remercié son homologue pour la franchise des échanges. « Il est de notre responsabilité de prendre à bras-le-corps ce type de préoccupations », ont estimé les deux autorités. Plutôt que de rester dans le discours, ils ont proposé une solution concrète. Les deux ministres se sont en effet engagés à effectuer ensemble une visite de travail à la frontière dans les prochains jours. L’objectif est d’appréhender in situ les difficultés rencontrées par les commerçants et les transporteurs. « C’est la meilleure réponse pour adresser et solutionner la problématique », a proposé sans attendre le ministre Konaté.

Cette démarche traduite une volonté commune de passer de la théorie à la pratique. Plutôt que de se contenter de discuter des problèmes en salle de réunion, les deux ministres souhaitent aller sur le terrain pour mesurer la réalité des obstacles et imaginer des solutions adaptées. Les deux ministres ont réaffirmé leur engagement total à travailler ensemble pour le bonheur de leurs populations. Ils envisagent de renforcer le commerce entre les deux pays frères « en travaillant main dans la main ». Un signe de cette dynamique : une chambre de commerce et d’industrie du Ghana doit être inaugurée prochainement à Abidjan. Cette structure devrait faciliter les échanges entre les opérateurs économiques des deux pays et contribuer à fluidifier les relations commerciales. La rencontre de Yaoundé s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des liens économiques entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les deux poids lourds de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entretiennent des relations commerciales anciennes, mais des freins persistants. Les tracasseries douanières et administratives, les infrastructures parfois insuffisantes et les procédures de dédouanement jugées trop lourdes sont souvent pointées du doigt par les acteurs économiques.

La conférence de l’OMC, un cadre pour avancer
La 14e conférence ministérielle de l’OMC réunit à Yaoundé des délégations du monde entier pour discuter des grandes orientations du commerce mondial. C’est aussi une occasion pour les pays de la sous-région de se rencontrer et de faire avancer leurs dossiers bilatéraux. Pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, c’est l’opportunité de donner un nouvel élan à leur coopération commerciale. Le ministre Kalil Konaté, qui conduit la délégation ivoirienne à cette conférence, a multiplié les rencontres avec ses homologues. Au-delà des discussions sur les grandes questions internationales, la réforme de l’OMC, l’agriculture, le commerce électronique, il privilégie les échanges concrets avec les pays voisins. Une approche qui correspond à la stratégie ivoirienne de renforcement de l’intégration régionale. Les prochains jours diront si la visite conjointe annoncée à la frontière portera ses fruits. En attendant, les deux ministres ont donné un signal fort de leur détermination à lever les obstacles qui entravent les échanges entre leurs deux pays. Un engagement qui devrait être salué par les commerçants et les transporteurs qui traversent quotidiennement la frontière, souvent au prix de longues heures d’attente.

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