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Guerre au M-O: L’armée israélienne Tsahal traverse actuellement une crise d’effectifs sans précédent

C’est un cri d’alarme qui ébranle les certitudes sécuritaires en Israël. L’armée est à bout de souffle, épuisée par les guerres multiples menées par l’État hébreu. Elle traverse une véritable crise des effectifs, remettant entre autres au centre du débat la conscription des juifs ultra-orthodoxes.
« Je lève dix drapeaux rouges. » Les mots du chef d’état-major israélien, rapportés après un cabinet de sécurité sous haute tension, font l’effet d’une déflagration. Selon le haut commandement, l’armée israélienne ne frôle plus la limite, elle l’a franchie. Alors que le pays fait face à des fronts multiples, le spectre d’un épuisement structurel de l’armée n’est plus une hypothèse, mais une urgence vitale, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Entre crise de recrutement des ultra-orthodoxes et fatigue extrême des réservistes, les chefs militaires se disent à bout de souffle.

Le constat est mathématique, avec l’intensification des tensions sur multiples fronts et l’absence de prolongation du service militaire, les effectifs fondent. Il manque 15 000 soldats, estime le porte-parole militaire, dont 7 à 8 000 combattants. Surtout, le refus du gouvernement de légiférer sur la conscription des ultra-orthodoxes passe de moins en moins auprès des réservistes, épuisés par des mois de mobilisation. La mobilisation des ultra-orthodoxes est l’objet d’une demande d’une très large majorité de la population qui ne supporte plus l’exemption dont bénéficient les haredim ( « craignants Dieu » en hébreu).

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L’opposition à Netanyahu s’engouffre dans la brèche
Mais Benyamin Netanyahu, tributaire de ses alliés des partis ultraorthodoxes pour se maintenir au pouvoir, a jusqu’ici usé de tous les moyens pour repousser l’adoption d’un tel texte. Pour l’opposition, le diagnostic est sans appel. Son chef Yaïr Lapid dénonce une « armée abandonnée sur le champ de bataille » par pur calcul politique et met en garde l’exécutif contre un « désastre sécuritaire ». « Le gouvernement ne gagne nulle part, ni au Liban, ni à Gaza (…) En Iran, nous verrons », a déclaré pour sa part l’opposant de droite Naftali Bennett sur le plateau de la chaîne de télévision N12. « Notre objectif principal en Iran était de démanteler le programme nucléaire [mais] il y a encore 460 kg d’uranium enrichi en Iran », a-t-il ajouté, lui que les sondages donnent comme le mieux à même de battre Netanyahu à six mois de la date limite pour la tenue des législatives.

Si la coalition dénonce des propos irresponsables en temps de guerre, l’inquiétude gagne désormais les rangs du Likoud, le parti du Premier ministre israélien. Sans renforts immédiats, l’état-major prévient, l’armée pourrait bientôt être incapable d’assurer ses missions de routine, menaçant directement la sécurité nationale. Selon un sondage publié jeudi soir par la chaîne N12, 60% des Israéliens soutiennent la poursuite de la guerre contre l’Iran, et 67% celle des combats contre le Hezbollah au Liban.

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