La colère est montée d’un cran mercredi à Brufut, une ville côtière gambienne, où des manifestants sont descendus dans la rue pour réclamer la libération de suspects pourtant acquittés dans une affaire de double meurtre de policiers remontant à trois ans.
Ousainou Bojang et sa sœur Amie Bojang avaient été placés en détention après que le premier a été accusé d’avoir tué deux policiers en avril 2023, lors d’une attaque survenue à un rond-point très fréquenté près de Sukuta. Sa sœur était soupçonnée de l’avoir aidé à fuir vers la Casamance, dans le sud du Sénégal, peu après les faits.
Faute de preuves irréfutables, les procureurs n’ont pas réussi à établir leur culpabilité. La Haute Cour avait alors prononcé leur acquittement et ordonné leur libération.
Mais à la surprise générale, les deux individus ont été de nouveau arrêtés à leur domicile de Brufut moins de 24 heures après leur remise en liberté, déclenchant une vive indignation au sein de la population.
À l’initiative de ces protestations figure notamment le mouvement Gambia Against Looted Assets (GALA), déjà engagé contre la vente controversée des biens de l’ancien président Yahya Jammeh.
Les manifestations ont mobilisé des centaines de jeunes à Serrekunda et Brufut, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Plusieurs commerces ont fermé dans le centre économique de Brufut, et des blessés ont été signalés.
Les protestataires dénoncent une ingérence des autorités dans le fonctionnement de la justice et estiment que la poursuite de l’affaire visant Ousainou Bojang est motivée par des considérations politiques.
Face à la pression populaire, la police a finalement annoncé la libération à nouveau d’Ousainou et Amie Bojang.



