Le rapport annuel de l’OTAN met en avant Rabat comme relais de formation militaire et partenaire régional structurant.
Le rapport annuel 2025 de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) consacre la place du Maroc dans l’architecture de sécurité du voisinage méridional de l’Alliance. Présenté par le secrétaire général Mark Rutte, le document souligne que « le terrorisme demeure une menace constante » dans un environnement marqué par une volatilité persistante au sud, tout en mettant en avant le rôle des partenaires du Dialogue méditerranéen, dont le Maroc figure parmi les plus actifs.
Dans le prolongement de cette analyse stratégique, le rapport insiste sur la contribution spécifique du Royaume en matière de formation militaire et de stabilisation régionale. L’OTAN met en avant l’émergence d’un mécanisme trilatéral associant l’Alliance, le Maroc et plusieurs pays africains, destiné à accompagner la montée en compétences des forces armées du continent.
Le document précise que Rabat participe à « une coopération trilatérale […] afin de soutenir l’évolution des corps de sous-officiers », positionnant le pays comme interface entre les standards de l’Alliance et les besoins opérationnels africains.
Ce rôle s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation des systèmes de formation militaire, soutenue par le programme DEEP (Defence Education Enhancement Programme). L’OTAN indique que près de 600 activités ont été organisées en 2025, mobilisant environ 1 800 experts issus des pays alliés. À travers ce dispositif, le Maroc contribue à l’adaptation des structures d’enseignement militaire et au renforcement des institutions de défense dans les pays partenaires.
Parallèlement, l’Alliance fait état d’une réorientation de son approche vis-à-vis du flanc sud, caractérisée par un dialogue politique renforcé et la mise en place d’un représentant spécial dédié. Le rapport souligne que cette évolution s’inscrit dans le cadre du Plan d’action pour le voisinage méridional, avec une logique plus structurée et orientée vers des résultats concrets en matière de sécurité et de coopération.
Cette inflexion stratégique accorde une place particulière à la sûreté maritime, considérée comme un axe central de la posture de l’OTAN. Le document rappelle que les capacités navales de l’Alliance visent à garantir l’accès maritime, la liberté de navigation et la sécurisation des routes commerciales, dans un contexte marqué par la montée des risques hybrides et cybernétiques.
Le rapport souligne implicitement que cette localisation, combinée à l’implication du Royaume dans les dispositifs de formation et de coopération, contribue à structurer l’action de l’Alliance sur son flanc sud et à consolider les équilibres sécuritaires à l’échelle africaine.



