Le mercredi 1er avril, le gouvernement a adopté de nouveaux projets de loi afin de renforcer la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Cette réforme s’inscrit dans le prolongement de textes déjà en vigueur, alors que les chiffres récents font état de centaines de victimes recensées.
Réuni au palais de Koulouba, l’exécutif malien a décidé de consolider son dispositif juridique contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants à travers l’adoption de deux nouveaux projets de loi. Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de corriger les insuffisances relevées dans les textes existants et de mieux aligner la législation nationale sur les engagements internationaux souscrits par le Mali.
Le pays disposait déjà d’un cadre juridique en la matière. La Constitution de 2023 consacre la protection de l’enfant contre le trafic de personnes et interdit l’esclavage ainsi que les traitements inhumains et dégradants. À cela s’ajoutent la loi du 12 juillet 2012 relative à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, ainsi que le décret de 2011 ayant institué le Comité national de coordination chargé du suivi de ce phénomène.
Le dispositif a ensuite été renforcé par le Code pénal de 2024, qui prévoit des dispositions spécifiques relatives à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants, avec des peines pouvant atteindre dix ans de réclusion et plusieurs millions de francs CFA d’amende. Le Code de procédure pénale de 2024 prévoit également des mécanismes d’enquête et de poursuite adaptés aux infractions transnationales.
Cette nouvelle réforme intervient alors que les chiffres demeurent préoccupants. Selon le dernier rapport national présenté en 2025, le Mali a recensé 629 victimes de la traite des personnes en 2024, dont 40 % de femmes et 53 % d’enfants. Les services compétents ont également fait état de plus de 800 migrants victimes de traitements dégradants ayant bénéficié d’une assistance, tandis que 93 dossiers d’enquête ont été ouverts sur la même période.
L’enjeu pour Bamako est désormais de transformer cet arsenal juridique en résultats concrets sur le terrain, dans un environnement régional marqué par l’intensification des flux migratoires et l’activité persistante des réseaux criminels.



