Lundi, dans la province du Cap-Oriental, des manifestants ont incendié des véhicules et des commerces appartenant à des étrangers, après l’intronisation controversée d’un chef nigérian Igbo comme « roi local » de la ville de KuGompo.
En Afrique du Sud, des violences ont suivi la cérémonie du 24 mars au cours de laquelle Solomon Ogbonna Eziko a été intronisé Igwe Ndigbo Na East London, un titre culturel attribué par la communauté nigériane Igbo de la région.
Cette nomination a été vivement critiquée par les autorités locales et certains habitants, qui estiment qu’un étranger ne peut pas être reconnu comme roi selon les coutumes sud-africaines, et que cela porte atteinte à la souveraineté nationale.
Sur place, des manifestants ont mis le feu à plusieurs voitures et commerces appartenant à des étrangers, la colère née de la cérémonie se diffusant dans les rues.
Par ailleurs, des organisations civiles ont organisé un piquet de grève devant le Haut-Commissariat du Nigéria à Prétoria, réclamant des explications et accusant certains Nigérians d’activités criminelles, un climat qui alimente depuis longtemps les tensions xénophobes dans certaines régions du pays.
Eziko, reconnu pour son engagement philanthropique auprès de la communauté nigériane d’East London, a été intronisé par des groupes de la diaspora, qui présentent ce titre comme purement culturel et non politique.
Frank Onyekwelu, président de l’Association des citoyens nigérians en Afrique du Sud, a insisté sur le fait que la distinction visait uniquement à promouvoir l’unité et à préserver l’identité culturelle Igbo. « Il ne possède, et ne cherche pas à exercer, d’autorité politique ou gouvernementale en Afrique du Sud », a-t-il affirmé, précisant qu’aucun « royaume » n’avait été créé.
Le Haut-Commissariat du Nigéria a, pour sa part, pris ses distances avec la cérémonie et présenté ses excuses aux chefs traditionnels sud-africains.



