04222026Headline:

Sénégal: la formation est devenue le moteur essentiel pour transformer l’agriculture traditionnelle en une industrie agroalimentair

À travers un atelier régional, les acteurs de la chaîne alimentaire misent sur le renforcement des compétences pour améliorer la qualité des produits et répondre aux défis sanitaires en Afrique de l’Ouest.

Former pour mieux produire, mieux protéger et mieux vendre, tel est le pari porté par les acteurs réunis autour de la sécurité sanitaire des aliments, dans un contexte où les exigences de qualité deviennent déterminantes pour la santé publique et l’accès aux marchés.

Organisé dans le cadre d’un projet régional piloté par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec l’appui du Grand-Duché de Luxembourg, l’atelier régional de Dakar, sur les bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication place au cœur de son approche un enjeu central : la formation des acteurs comme socle d’un système alimentaire plus sûr et plus performant.

Dans son allocution, la coordonnatrice sous-régionale de la FAO, Bintia Stephen-Tchicaya, a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités pour faire face à un défi sanitaire majeur. « L’atelier de ce matin nous offre encore l’occasion de partager les connaissances afin d’améliorer durablement la qualité des produits locaux », a-t-elle souligné dans un message lu par le vétérinaire Mamadou Ndiaye.

Face aux millions de cas de maladies d’origine alimentaire répertoriés chaque année en Afrique, la responsable a rappelé que la formation constitue un levier essentiel pour corriger les insuffisances des systèmes de contrôle, améliorer les pratiques et responsabiliser les producteurs.

Elle a notamment mis en avant une approche en cascade visant à former des formateurs capables de diffuser les bonnes pratiques sur le terrain.

Même tonalité du côté du président du Comité national du Codex Alimentarius, Amadou Diop, qui voit dans ce renforcement des compétences une condition indispensable à la transformation du secteur.
« Il est indispensable de renforcer les capacités des acteurs […] afin de garantir la mise sur le marché de produits sûrs et de qualité », a-t-il déclaré.

Pour lui, la formation ne se limite pas à une exigence technique, mais ouvre des perspectives économiques concrètes. « La sécurité sanitaire des aliments n’est pas une contrainte, mais une opportunité », a-t-il insisté, évoquant un triple bénéfice : protection des consommateurs, amélioration de la qualité et accès à des marchés plus exigeants.

Durant trois jours, les participants, en majorité des femmes entrepreneures, seront initiés aux fondamentaux de la qualité, aux principes HACCP (analyse des dangers et maîtrise des points critiques), à la traçabilité et à l’autocontrôle. Autant d’outils jugés essentiels pour professionnaliser les pratiques et renforcer la compétitivité des PME agroalimentaires.

Au-delà des contenus techniques, l’enjeu est clair : faire de la formation un moteur de changement durable, capable d’ancrer de nouvelles normes dans les pratiques quotidiennes et de restaurer la confiance des consommateurs dans les chaînes alimentaires locales.

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