Dans le but de doper la cohésion nationale et promouvoir une éducation équitable, le gouvernement ivoirien renforce son dispositif distance sociale. Cet élan de solidarité s’est exprimé, jeudi 9 mai à Cocody, en faveur des enfants affectés par les crises sociopolitiques en Côte d’Ivoire.
Initié le ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, l’action a mobilisé près de 200 participants, parmi lesquels des bénéficiaires, des autorités administratives et des partenaires. Au cœur de cette initiative, la volonté affirmée des pouvoirs publics de restaurer l’égalité des chances et de soutenir durablement les familles fragilisées par les crises passées. Au total, 130 familles bénéficient de cette prise en charge, couvrant 213 élèves répartis entre les différents cycles éducatifs.
Un dispositif qui monte en puissance : 213 élèves accompagnés
L’initiative, qui en est à sa cinquième édition, consolide la paix et favorise la résilience communautaire. En investissant dans l’éducation des enfants issus de familles vulnérables, le gouvernement ivoirien réaffirme son ambition de bâtir une société plus inclusive et solidaire. Les chiffres de cette année témoignent de l’ampleur du dispositif : 213 élèves sont pris en charge, répartis entre les différents cycles éducatifs. Douze d’entre eux sont inscrits au primaire, 157 au secondaire et 44 dans l’enseignement supérieur. Une attention particulière a également été accordée à l’excellence, avec la distinction de vingt élèves parmi les plus assidus. Cette répartition par niveau montre la continuité du parcours scolaire, de l’école primaire jusqu’à l’université, garantissant aux bénéficiaires un suivi sur la durée. Pour les familles, souvent monoparentales ou dirigées par des veuves de crises antérieures, cette aide couvre les frais de scolarité, les fournitures et, dans certains cas, une partie des frais annexes. Le programme est conçu comme un levier de réinsertion par l’éducation, permettant aux enfants de tourner la page des traumatismes liés aux périodes d’instabilité politique.
Des bénéficiaires témoignent : « Une opportunité de reconstruction »
Du côté des bénéficiaires, l’émotion était palpable. Porte-parole du jour, Yapi Cynthia, récemment admise en master de droit grâce à ce programme de soutien, n’a pas caché sa reconnaissance. Elle a salué une initiative qui, selon elle, a permis à de nombreux jeunes de poursuivre leurs études malgré des conditions de vie difficiles. Pour elle, cette prise en charge constitue bien plus qu’une aide financière : elle représente une véritable opportunité de reconstruction et d’espoir. Son témoignage résonne comme celui de nombreux autres jeunes présents dans la salle. La plupart sont orphelins d’un père ou d’une mère, ou issus de foyers démunis des régions les plus touchées par les crises post-électorales des années 2010. Sans ce dispositif, beaucoup auraient dû interrompre leur scolarité faute de moyens. L’accès à l’université, et plus encore à un master, reste un exploit dans ces familles où le taux de diplomation est historiquement faible. Le programme permet non seulement de maintenir les élèves dans le système éducatif, mais aussi de les encourager à viser l’excellence, comme en témoignent les vingt distinctions remises lors de la cérémonie.
Une politique publique ancrée dans la cohésion nationale
Représentant la ministre Myss Belmonde Dogo, le directeur de cabinet Yves Joël Kouadio a insisté sur la portée sociale de cette action. « À travers ces actions, nous comptons montrer notre proximité et notre écoute à l’égard des populations », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement continu de l’État en faveur de la cohésion sociale et de la réduction des inégalités. Le gouvernement ivoirien, dans le cadre de sa politique de réconciliation nationale, multiplie les dispositifs visant à panser les blessures laissées par la crise de 2010-2011 et les violences périodiques. La cérémonie a également été l’occasion pour le directeur général de l’Office du service civique national, Amara Coulibaly, de présenter les missions et les opportunités offertes par sa structure. Il a exhorté les jeunes à s’y rapprocher afin de bénéficier d’un encadrement citoyen et professionnel propice à leur insertion.
À travers ces actions, nous comptons montrer notre proximité et notre écoute à l’égard des populations
Le service civique, qui forme des jeunes aux métiers d’utilité publique (santé, éducation, environnement), constitue un débouché naturel pour les élèves ayant achevé leur cycle secondaire. L’articulation entre le programme de prise en charge scolaire et le service civique offre ainsi un continuum éducatif et professionnel aux bénéficiaires. Cette cinquième édition confirme la pérennisation d’une initiative lancée quelques années après la fin des grandes crises. Si les besoins restent immenses, des milliers d’enfants sont encore non scolarisés ou en situation de précarité, le gouvernement entend élargir progressivement le dispositif. Les partenaires techniques et financiers présents lors de la cérémonie ont salué cette approche, tout en appelant à un renforcement des moyens alloués. Pour les 213 élèves et leurs familles, ce jeudi 9 mai restera comme un jour où l’État a tenu ses promesses. L’espoir, désormais, est que d’autres jeunes puissent bénéficier du même soutien dans les années à venir.



