L’Organisation Internationale des Migrations (OIM) a tenu à clarifier sa position. Contrairement aux rumeurs, elle affirme ne jouer aucun rôle dans les accords bilatéraux, notamment celui conclu entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis.
Dans un communiqué publié lundi 20 avril 2026, l’agence onusienne souligne qu’elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les « normes minimales de protection » ne sont pas respectées.
Cette mise au point intervient alors que Kinshasa a sollicité l’OIM pour encadrer l’assistance humanitaire d’un premier contingent de 15 migrants refoulés du sol américain. Or, cet accueil s’inscrit dans une entente négociée directement entre l’administration Trump et le gouvernement congolais. Dès lors, l’OIM insiste : « Les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes. »
Cependant, l’agence précise qu’elle peut proposer une aide au retour volontaire, mais uniquement aux migrants qui en font la demande. Ainsi, son action reste strictement conditionnée aux besoins identifiés et repose sur des évaluations au cas par cas. En conséquence, seuls les départs « strictement volontaires » entrent dans son périmètre d’intervention, et ce, sur la base du « libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées ». Dans ce contexte, le gouvernement congolais applique ce cadrage à la phase opérationnelle initiale du nouvel accord avec Washington. Vendredi 17 avril, 15 personnes ont ainsi été transférées à Kinshasa pour un court séjour, conformément à la législation nationale sur l’entrée et le séjour des étrangers, mais aussi aux engagements internationaux souscrits par la RDC. Pourtant, un flou persiste : ni le volume total de migrants attendus, ni leurs pays d’origine n’ont été précisés.
La confusion s’est accentuée après l’intervention de la Première Ministre Judith Suminwa sur TV5. Celle-ci a qualifié le dispositif « d’un service » rendu par la RDC aux États-Unis, tout en admettant ne pas connaître les nationalités des personnes arrivées ni leur nombre exact. Cette déclaration a provoqué un tollé dans l’opinion nationale. L’opposition, la société civile et les organisations de défense des droits humains dénoncent un manque de transparence et redoutent une répétition des drames vécus en 1994 dans l’Est du pays.



