Prétoria promet des investigations approfondies après des incidents visant des Ghanéens, tandis qu’Accra suit la situation de près.
Les autorités sud-africaines ont annoncé l’ouverture d’enquêtes approfondies sur des incidents signalés visant des ressortissants ghanéens, a indiqué mercredi le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa à l’issue d’un échange téléphonique avec son homologue Ronald Lamola.
Selon la diplomatie ghanéenne, Prétoria a exprimé sa préoccupation face aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux et mettant en cause des actes de violence contre des Ghanéens. Le gouvernement sud-africain s’est engagé à mener des investigations complètes afin d’établir les faits et de situer les responsabilités.
Samuel Okudzeto Ablakwa a précisé que des discussions sont également en cours avec les missions diplomatiques africaines, une réunion d’information étant attendue entre les autorités sud-africaines et les ambassadeurs du continent.
Le ministre a indiqué être en contact permanent avec le Haut-Commissariat du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quarshie, chargé de la coordination consulaire sur le terrain. Il a confirmé que la principale victime identifiée dans une vidéo virale a été localisée et bénéficie d’une assistance consulaire.
Il a également assuré qu’aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée parmi les ressortissants ghanéens, tout en appelant au calme et à la confiance dans les mécanismes diplomatiques en cours.
Des incidents dans un contexte de tensions récurrentes
Ces faits interviennent dans un climat de résurgence des discours et actes hostiles aux étrangers en Afrique du Sud. Des vidéos récentes montrent des confrontations directes avec des migrants africains, certains étant sommés de quitter le territoire, dans un contexte de montée des mouvements anti-immigrés.
Plus largement, des appels à des mobilisations nationales contre les étrangers ont émergé ces derniers jours, certains groupes exigeant le départ de ressortissants étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou non, alimentant les craintes d’escalade.
Ces tensions s’inscrivent dans un phénomène récurrent en Afrique du Sud, où des violences xénophobes éclatent périodiquement, souvent sur fond de frustrations socio-économiques, de chômage et de perceptions négatives à l’égard des migrants africains.
Réaffirmant la position du gouvernement du président John Dramani Mahama, le ministre a insisté sur la protection des citoyens à l’étranger et sur la nécessité de préserver la solidarité africaine face à ces incidents.



