Le District Autonome d’Abidjan engage une riposte sans concession contre les facteurs de désordre urbain. À travers l’arrêté n°03 du 29 mars 2024, le Ministre-Gouverneur, Cissé Ibrahima Bacongo, a formellement interdit la mendicité, l’usage des charrettes à bras (« wottro ») pour le transport de marchandises ainsi que le commerce ambulant sur l’ensemble du territoire du District.
Le District Autonome d’Abidjan a décidé de franchir un cap décisif dans la lutte contre le désordre urbain. Face à la prolifération de pratiques jugées nuisibles à l’image et au bon fonctionnement de la capitale économique ivoirienne, les autorités entendent désormais imposer une discipline rigoureuse dans l’espace public. Cette volonté s’est traduite par l’adoption de l’arrêté n°03 du 29 mars 2024, signé par le Ministre-Gouverneur, Cissé Ibrahima Bacongo.
Une mesure forte
Ce texte réglementaire interdit formellement la mendicité, l’usage des charrettes à bras communément appelées « wottro » pour le transport de marchandises, ainsi que le commerce ambulant sur toute l’étendue du District. Une mesure forte, qui a été réaffirmée avec fermeté lors d’une conférence de presse tenue le 14 avril 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire. À cette occasion, le Ministre-Gouverneur a clairement annoncé la fin de ces pratiques dans la ville, traduisant ainsi la détermination des autorités à restaurer l’ordre urbain.
Selon Cissé Ibrahima Bacongo, ces activités constituent de véritables entraves à la dignité humaine, à la salubrité publique et à la fluidité de la circulation. La mendicité est particulièrement pointée du doigt comme un fléau social qui ternit l’image d’Abidjan et expose les personnes concernées à des conditions de vie précaires. De même, l’utilisation des charrettes à bras est jugée obsolète, dangereuse et incompatible avec les standards d’une métropole moderne en pleine expansion.
Il constitue également une concurrence jugée déloyale vis-à-vis des opérateurs économiques formels, installés dans des circuits réglementés et soumis à des obligations administratives
Le commerce ambulant, quant à lui, est accusé d’occuper de manière anarchique l’espace public, de favoriser l’insécurité et d’échapper aux mécanismes de régulation fiscale. Il constitue également une concurrence jugée déloyale vis-à-vis des opérateurs économiques formels, installés dans des circuits réglementés et soumis à des obligations administratives.
Pour mettre en œuvre ces mesures, le District a défini une stratégie en deux phases. La première consiste en une vaste campagne de sensibilisation à destination des populations concernées, afin de leur expliquer les enjeux de cette réforme. La seconde phase sera marquée par une répression systématique des contrevenants. Les services compétents, notamment la Police du District, appuyés par les forces de sécurité, seront mobilisés pour assurer le respect strict de ces dispositions. « Nous ne laisserons plus faire », a insisté le Ministre-Gouverneur, appelant à une adhésion collective à cette politique de tolérance zéro.
Transformer durablement le visage d’Abidjan
Au-delà de ces interdictions ciblées, la lutte contre le désordre urbain s’inscrit dans une approche globale. Elle concerne également l’affichage anarchique, l’insalubrité, l’utilisation des sachets plastiques et les comportements inciviques observés dans l’espace public. L’objectif est de transformer durablement le visage d’Abidjan et d’améliorer le cadre de vie des populations.
Côte d’Ivoire : Vaste opération contre la mendicité infantile à Abidjan
Cette offensive s’inscrit dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui ambitionne de faire d’Abidjan une métropole moderne, propre et compétitive à l’échelle internationale. Dans cette dynamique, plusieurs projets structurants sont en cours de réalisation, notamment l’aménagement de la baie lagunaire de la CARENA au Plateau, la valorisation du littoral de Port-Bouët, le projet de l’espace Canal aux Bois à Treichville, ainsi que la construction d’un centre de conférences sur le site de l’ancien marché de Belleville.



