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RCI: 1 500 milliards FCFA perdus, l’AMUGA a lancé les Journées de la Mobilité à Yopougon

Les 21 et 22 avril 2026, le ministère des Transports, via l’AMUGA, a lancé les Journées de la mobilité pour identifier les causes des embouteillages et proposer des solutions concrètes, face à un manque à gagner estimé à 1 500 milliards FCFA par an.

Malgré les investissements consentis dans les infrastructures, les embouteillages continuent de peser lourdement sur l’économie et le quotidien des populations. Selon l’information tirée de l’Agence Ivoirienne de Presse, pour y remédier, le ministère des Transports et des Affaires maritimes, à travers l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), a initié les Journées de la mobilité (J. Mobilité), une caravane de sensibilisation et de concertation destinée à améliorer durablement la fluidité du trafic.

Une première étape à Yopougon pour cerner les causes réelles
La commune de Yopougon a servi de cadre à la première édition de cette initiative, les mardi 21 et mercredi 22 avril 2026. Ce choix n’est pas anodin. Avec sa forte densité démographique et son activité économique intense, Yopougon figure parmi les zones les plus affectées par les embouteillages dans le Grand Abidjan. Au cours de ces journées, une caravane a sillonné plusieurs axes critiques afin d’observer directement les points de congestion. Cette démarche de terrain visait à mieux comprendre les dysfonctionnements qui perturbent la circulation, avant toute prise de décision. Selon le directeur général de l’AMUGA, Romain Kouakou, l’objectif est « d’identifier, à chaque étape, les zones problématiques et les facteurs récurrents à l’origine des embouteillages ». Cette approche pragmatique permet de partir des réalités locales pour construire des solutions adaptées.

Une étude de la Banque mondiale estime que les embouteillages coûtent chaque année environ 1 500 milliards FCFA à l’État ivoirien, soit près de 5 % du PIB.
Au-delà du constat, les J. Mobilité se veulent un cadre de dialogue entre les différents acteurs du secteur. À Yopougon, une table ronde a réuni administrations, transporteurs, gestionnaires d’infrastructures et responsables de gares routières. Les discussions ont porté sur les mesures à mettre en œuvre pour fluidifier la circulation, notamment à travers une meilleure organisation des transports et un renforcement de la discipline routière. Pour Romain Kouakou, il s’agit de « décliner des solutions pratiques et opérationnelles issues d’une concertation inclusive ». Les enjeux sont considérables. Une étude de la Banque mondiale estime que les embouteillages coûtent chaque année environ 1 500 milliards FCFA à l’État ivoirien, soit près de 5 % du PIB. « C’est beaucoup, c’est de la richesse qu’on aurait pu redistribuer », a souligné le directeur général de l’AMUGA. Cette situation s’explique notamment par le temps de travail perdu dans les ralentissements, la surconsommation de carburant liée aux arrêts prolongés, ainsi que les retards dans l’acheminement des marchandises. À cela s’ajoutent les coûts d’entretien accrus des véhicules et les perturbations dans les activités économiques. Cette réalité économique renforce l’urgence d’agir, non seulement pour améliorer la mobilité, mais aussi pour soutenir la croissance.

Incivisme, désordre urbain et stationnement anarchique en cause
Les observations faites à Yopougon ont permis de mettre en évidence plusieurs facteurs récurrents à l’origine des embouteillages. Parmi eux figurent l’occupation anarchique des voies par des activités commerciales, le stationnement irrégulier, ainsi que la prolifération de gares informelles. À cela s’ajoute l’incivisme de certains usagers de la route, notamment des automobilistes et motocyclistes, qui ne respectent pas toujours les règles de circulation. Ces comportements contribuent à désorganiser davantage le trafic déjà saturé. Les participants, dont Ibrahim Diaby, Touré Adama et Norbert N’guessan, ont salué l’initiative de l’AMUGA. Ils estiment qu’elle permettra de mieux situer les responsabilités et d’accélérer la mise en œuvre de solutions efficaces. Avec les Journées de la mobilité, les autorités ivoiriennes misent sur une approche participative pour relever le défi de la congestion urbaine. Après Yopougon, l’initiative sera étendue aux autres communes d’Abidjan, avec l’ambition de transformer durablement les pratiques et d’instaurer une mobilité plus fluide, au bénéfice de l’économie et du bien-être des populations.

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