Face aux montants importants alloués à l’organisation des élections en Côte d’Ivoire, l’opposant Vincent Toh Bi appelle à un audit complet de la Commission électorale indépendante (CEI).
Dans sa contribution relayée sur les réseaux sociaux, ce jeudi 23 avril 2026, le président du mouvement politique Aube Nouvelle questionne l’efficacité de ces dépenses publiques au regard des tensions récurrentes et du déficit de confiance autour des scrutins.
270,5 milliards de FCFA mobilisés en 5 ans
Selon lui, près de 270,5 milliards de FCFA ont été décaissés entre 2020 et 2025 pour financer les opérations électorales. Dans le détail, ces financements publics se répartissent ainsi : 75,9 milliards FCFA en 2020, 12,9 milliards en 2021, 12,9 milliards en 2022, 52 milliards en 2023, 26,2 milliards en 2024 et 90,6 milliards en 2025. Des variations que l’opposant explique par la tenue d’échéances électorales majeures, notamment les élections présidentielle, législatives et locales, ainsi que les opérations de révision des listes électorales.
Au-delà des montants engagés, Vincent Toh Bi interroge l’impact réel de ces investissements sur la qualité du processus démocratique. Il relève que les élections présidentielles de 2020 et les échéances à venir s’inscrivent dans un contexte marqué par des violences, avec plus de 90 morts officiellement recensés, ainsi que des interpellations et des dégâts matériels importants. Il souligne également que plusieurs scrutins ont été contestés, tandis que les taux de participation aux législatives et aux élections locales restent globalement faibles.
Quelle a été l’utilité de ces dépenses publiques si la confiance dans le processus électoral ne s’est pas améliorée ?
L’ancien préfet met surtout en avant une défiance persistante d’une partie de l’opinion publique et de la classe politique vis-à-vis de la CEI. Une situation qui, selon lui, interroge l’efficacité des ressources engagées par l’État. « Quelle a été l’utilité de ces dépenses publiques si la confiance dans le processus électoral ne s’est pas améliorée ? », s’interroge-t-il.
Pour Vincent Toh Bi, la question électorale demeure centrale dans le fonctionnement démocratique. Il rappelle que la légitimité des institutions, la stabilité politique et la capacité des citoyens à sanctionner leurs dirigeants par le vote reposent sur des élections crédibles et consensuelles.
Dans ce contexte, il estime qu’un audit approfondi de la CEI permettrait d’évaluer l’utilisation des fonds, les investissements réalisés, la gestion des ressources humaines et les capacités techniques de l’institution.« Avant d’aller plus loin, il faut tout réformer. Mais il faut certainement commencer par un audit total et complet de la CEI sur ces 5 dernières années », a-t-il déclaré. L’objectif étant de tirer des leçons concrètes afin d’améliorer durablement l’organisation des scrutins.
À défaut d’un tel exercice de transparence, Vincent Toh Bi prévient que de nouvelles dépenses pourraient être engagées sans pour autant renforcer la stabilité politique ni prévenir les crises post-électorales. Il plaide ainsi pour « un regard citoyen sur un budget citoyen », condition, selon lui, d’une meilleure gouvernance électorale.



