04232026Headline:

Affaire des détenues enceintes : Seulement deux ont été libérées, une reste encore en prison

L’étau se desserre autour des femmes enceintes incarcérées à la suite des tensions électorales d’octobre 2025. Après des semaines d’une mobilisation intense menée par les organisations de défense des droits humains, deux de ces futures mères ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire.

À Abidjan, la nouvelle a été accueillie avec émotion par l’opposition. Dans un communiqué publié ce 22 avril 2026, la Ligue des Femmes du PPA-CI (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire) ne cache pas sa satisfaction. Pour ces militantes, cette sortie de prison est avant tout une victoire de l’humanité sur la rigueur de la loi.

Bessé Dominique, présidente intérimaire de l’organisation féminine, a salué une « décision qui consacre la primauté de l’impératif humanitaire dans l’action judiciaire ». Selon elle, il était urgent de prendre en compte « la vulnérabilité particulière liée à l’état de grossesse » de ces détenues, dont le maintien en cellule devenait chaque jour plus préoccupant.

Cri d’alarme
Pour rappel, leur arrestation est intervenue dans le contexte de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, marquée par de fortes tensions entre le gouvernement et l’opposition. Cette période a donné lieu à des interdictions de manifester et à de nombreuses interpellations. Selon Amnesty International, le bilan des manifestations d’octobre 2025 s’élève à 11 morts et plus de 1 600 arrestations. Le 8 mars dernier, le PPA-CI évoquait 37 “de nos citoyennes engagées dans l’opposition qui croupissent derrière les barreaux de la MACA”.

La mise en liberté provisoire des deux femmes intervient au lendemain de la publication du rapport annuel d’Amnesty International. L’organisation y dresse un tableau sévère de la situation en Côte d’Ivoire. Déjà en mars dernier, l’ONG avait dénoncé les conditions de détention au pôle pénitentiaire d’Abidjan, évoquant notamment le cas de trois femmes, dont une commerçante et une mère de cinq enfants, condamnées à trois ans de prison ferme pour « troubles à l’ordre public ».

Les rapports de l’organisation étaient alarmants : transferts épuisants vers le palais de justice sans nourriture, et refus systématique des droits de visite pour les proches. Qualifiant ces emprisonnements de « sans fondement légal », l’ONG réclamait leur libération immédiate. Pour le PPA-CI, voir ces femmes « retrouver un environnement plus adapté à leur état de santé, ainsi qu’à la dignité qu’exige la maternité » est un premier pas essentiel vers l’apaisement.

Une “soeur” encore derrière les barreaux
Si l’ambiance est aux remerciements envers les autorités pour les « efforts consentis », le combat n’est pas totalement terminé. Une troisième femme, également enceinte, reste pour l’instant en cellule.

La Ligue des Femmes a tenu à lui exprimer sa solidarité, formulant le vœu que cette « dynamique d’apaisement se poursuive jusqu’à un dénouement favorable pour l’ensemble des personnes concernées ».

En Côte d’Ivoire, la condition des femmes portant la vie appelle, selon les textes et la morale, à une protection spécifique. Pour de nombreux observateurs, ce geste du pouvoir judiciaire pourrait marquer le début d’une décrispation plus large du paysage politique ivoirien, six mois après un scrutin présidentiel qui a laissé des traces.

 

What Next?

Recent Articles