L’édition de la Supply Chain Africa 2026 se tient du 22 au 24 avril à l’Hôtel Golden, marquant un tournant important dans la structuration du secteur logistique en Afrique de l’Ouest. Cet événement d’envergure rassemble près de 300 décideurs issus des domaines de la Supply Chain, de la logistique, des achats et des opérations, venus de pays tels que la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin et la Guinée.
Pensé comme un cadre d’échanges et de collaboration, ce rendez-vous ambitionne de combler un manque longtemps observé dans la région : l’absence d’un espace structuré permettant aux professionnels de confronter leurs pratiques, de partager leurs expériences et d’identifier des solutions adaptées aux réalités africaines. À travers des conférences, des panels et des sessions de networking, les participants ont ainsi l’opportunité de tisser des relations d’affaires solides et de poser les bases de partenariats stratégiques.
La nécessité de créer des synergies et de mutualiser les expériences
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par de profondes mutations des chaînes d’approvisionnement en Afrique. Entre la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’augmentation des flux commerciaux intra-régionaux, la digitalisation des opérations et la pression croissante sur les coûts logistiques, les défis sont nombreux. Dans ce contexte, la nécessité de créer des synergies et de mutualiser les expériences apparaît comme une urgence pour renforcer la compétitivité du continent.
La journée inaugurale a été marquée par une conférence de haut niveau animée par Serge Kamuhinda, Directeur général de Volkswagen Mobility. Intervenant sur le thème « Préparer l’avenir : électrification, chargement, données, partenariats et conditions de succès d’une transition vers l’électrique/hybride en Afrique », il a livré une analyse sans complaisance des réalités logistiques africaines.
La logistique sur le continent constitue aujourd’hui un facteur de destruction de valeur plutôt que de création
Selon lui, la logistique sur le continent constitue aujourd’hui un facteur de destruction de valeur plutôt que de création. Il souligne que les coûts logistiques élevés contribuent à renchérir les prix des biens, notamment ceux importés, à hauteur de 30 à 60 %. Face à ce constat, il identifie trois leviers majeurs de transformation : l’intégration régionale, la digitalisation et l’innovation.
Mais au-delà des solutions techniques, Serge Kamuhinda insiste sur la nécessité d’un changement de perception. Il estime que l’Afrique est souvent mal comprise et sous-estimée, notamment en ce qui concerne sa démographie. Contrairement aux idées reçues, le continent présente une densité de population relativement faible au regard de son immense superficie, ce qui pose davantage un défi d’organisation et de connectivité que de surpopulation.
Pour une meilleure structuration des pôles de croissance
Dans cette perspective, il plaide pour une meilleure structuration des pôles de croissance, aujourd’hui dispersés, à travers la mise en place de zones franches régionales. Inspirées de modèles ayant fait leurs preuves, notamment en Asie, ces zones pourraient devenir de véritables pôles de compétitivité capables de stimuler l’industrialisation et de renforcer les chaînes de valeur locales.
L’expert a également insisté sur le rôle central du numérique dans la transformation du secteur. Pour lui, l’investissement dans les infrastructures digitales est indispensable pour améliorer la connexion entre l’offre et la demande, optimiser les flux logistiques et renforcer l’efficacité globale des économies africaines. Il rappelle que les difficultés actuelles ne sont pas une fatalité, mais plutôt des défis à relever collectivement.
Serge Kamuhinda a mis en avant le rôle clé des entreprises dans l’intégration des marchés africains
Dans le prolongement de cette analyse, Serge Kamuhinda a mis en avant le rôle clé des entreprises dans l’intégration des marchés africains. Selon lui, ce sont elles qui construiront les chaînes de valeur régionales, en s’appuyant sur les opportunités offertes par la ZLECAf et les cadres réglementaires existants pour créer un véritable marché commun africain.
De son côté, Dominique Kouyaté, Directeur Supply Chain & Achats du groupe Kaydan Groupe a salué la tenue de cet événement qu’il qualifie de « grandissime ». Il a rappelé le rôle fondamental des chaînes d’approvisionnement dans le développement économique et la performance des entreprises, soulignant leur impact direct sur le bien-être des populations.
Un constat partagé par de nombreux acteurs du secteur
Il met en avant un constat partagé par de nombreux acteurs du secteur : le manque d’opportunités pour les professionnels de la Supply Chain de se former, d’échanger et de progresser sur des problématiques techniques essentielles. Pour lui, Supply Chain Africa vient précisément combler ce vide en offrant un cadre propice à l’apprentissage et à l’innovation.
2e édition du salon supply chain : l’innovation logistique au service du développement durable
Au-delà des échanges, cette première édition se positionne comme une plateforme stratégique pour l’avenir. Elle ouvre la voie à une meilleure structuration du secteur logistique en Afrique de l’Ouest et à l’émergence d’une communauté d’experts engagés dans la transformation du continent.



