Un avocat nigérian a saisi la justice pour s’opposer à la réintégration dans la société d’anciens membres repentis de Boko Haram.
Une action en justice a été introduite par un avocat nigérian après la libération récente d’environ 700 ex-combattants ayant renoncé à leur engagement au sein du groupe insurgé Boko Haram, dans le cadre d’un programme de réinsertion.
Maxwell Opara, avocat spécialisé en droits humains, a introduit une requête devant la Haute Cour fédérale d’Abuja. Il demande qu’une injonction soit délivrée afin de contraindre le procureur général à engager des poursuites pénales contre ces anciens combattants.
Ces derniers bénéficient d’un programme militaire de déradicalisation et de réintégration appelé « Opération couloir de sécurité ». Maître Opara s’oppose fermement à cette initiative, estimant que les ex-insurgés ont contribué à des violences ayant causé de nombreuses pertes humaines et des destructions considérables dans certaines régions du pays.
Pour appuyer sa démarche, il invoque notamment la loi de 2022 sur la prévention et l’interdiction du terrorisme ainsi que la loi de 2015 sur l’administration de la justice pénale (ACJA), réclamant la suspension immédiate du programme.
L’avocat demande à la juridiction de déterminer si la réintégration de plus de 700 anciens membres de Boko Haram, sans poursuites judiciaires ni condamnation préalable, est conforme à la Constitution nigériane de 1999 (telle que modifiée) et à l’ACJA.
Il sollicite en conséquence que la Cour déclare cette réintégration illégale, inconstitutionnelle et contraire aux principes de l’État de droit.
Selon lui, ni l’armée nigériane ni le procureur général de la Fédération — respectivement premier et deuxième défendeurs — ne disposent du pouvoir légal d’accorder une forme d’immunité ou d’amnistie à des personnes impliquées dans des actes de terrorisme, de meurtre ou d’enlèvement.
À ce stade, aucun juge n’a encore été désigné pour examiner l’affaire.



