En Côte d’Ivoire, la disparition en détention de deux militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire suscitent colère et indignation au sein du parti de Laurent Gbagbo.
Deux militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire arrêtés lors des manifestations contre l’éventuel 4 et mandat du président Alassane Ouattara sont décédés en prison, selon des sources proches du parti. Placés en détention depuis octobre dernier, Monnet Maruis et Gnan Guelablé étaient dans l’attente de leur procès pour « trouble à l’ordre public ». Le décès en détention de Gnan Guélablé est survenu une semaine après celui de Monnet Maruis.
« Nous avons appris avec consternation le décès successif de deux de nos jeunes camarades détenus, tandis qu’un troisième se trouve, à ce jour, dans un état de santé critique. Ces pertes en vies humaines, survenues en milieu carcéral, constituent une situation grave, inacceptable et profondément choquante pour la conscience nationale », a réagi la ligue des jeunes du PPA-CI dans un communiqué publié, vendredi.
Soupçons d’intoxication alimentaire
S’appuyant sur des informations internes, la ligue des jeunes du PPA-CI évoque la piste « des cas présumés d’intoxication alimentaire ». « Si cette hypothèse venait à être confirmée, elle mettrait en cause les conditions d’alimentation, de détention et de prise en charge sanitaire au sein de l’administration pénitentiaire, et soulèverait de sérieuses interrogations quant aux responsabilités engagées », déplore le communiqué signé de James Hubert N’drin, SN intérimaire.
Leur situation interpelle sur le respect des libertés fondamentales, de la justice et de la paix sociale
Face à ces faits, James Hubert N’Drin et ses camarades de la Ligue des Jeunes du PPA-CI dénoncent avec fermeté : « des conditions de détention inhumaines et contraires à la dignité humaine ». Ils s’insurgent également contre un déficit manifeste de suivi médical et de prise en charge sanitaire des détenus et pointent le silence et l’absence de réaction des autorités « face à une crise aux conséquences dramatiques ».
La Ligue des Jeunes rappelle dans sa déclaration que ces jeunes incarcérés sont « des détenus d’opinion, arrêtés dans un contexte politique tendu. « Leur situation interpelle sur le respect des libertés fondamentales, de la justice et de la paix sociale », interpelle-t-elle. Pour l’heure, ni les autorités judiciaires ni l’administration pénitentiaire n’ont effectivement réagi sur le sujet.
Appel à une enquête indépendante
Les jeunes du PPA-CI, pour leur part, exigent la réalisation immédiate « d’autopsies indépendantes afin d’établir les causes exactes du décès. Elle exige également « une prise en charge urgente et adéquate » des malades détenus, notamment ceux dans un état critique.
Pour rappel, 5 autres détenus PPA-CI seraient dans un état critique selon les révélations faites par Justin Koné Katinan, cadre du parti, lors d’une tribune, le jeudi 16 avril dernier. À noter que plus de 1600 personnes ont été arrêtées lors des manifestations d’octobre 2025.


