À compter de ce mercredi 1er mai 2026, les automobilistes ivoiriens doivent composer avec de nouveaux tarifs dans les stations-service. Le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a officialisé une nette progression du coût des hydrocarbures. Une décision dictée par une conjoncture internationale particulièrement instable.
C’est un réveil difficile pour les usagers de la route. Après un mois d’avril marqué par une relative accalmie, le barème des produits pétroliers repart à la hausse sur l’ensemble du territoire national. Selon le communiqué daté du 30 avril, le litre de Super sans plomb s’établit désormais à 875 FCFA, contre 820 FCFA le mois dernier, soit un surplus de 50 FCFA .
Le Gasoil moteur, carburant de référence pour le transport de marchandises et les transports en commun, n’est pas épargné : il grimpe à 700 FCFA, soit une augmentation de 25 francs par rapport à la période précédente.
Un marché mondial en pleine « nervosité »
Comment expliquer cette poussée de fièvre ? En tant qu’importateur, la Côte d’Ivoire subit de plein fouet les remous d’un marché pétrolier « particulièrement fébrile ». Le jeudi 30 avril, les cours ont terminé en baisse (114,01 dollars pour le Brent), mais cette chute cache une instabilité profonde. Plus tôt dans la séance, le baril avait grimpé jusqu’à 126,41 dollars, son plus haut niveau depuis le début de la guerre en Ukraine.
Pour John Kilduff, de l’agence Again Capital, ces violents mouvements sont en partie techniques, liés à l’expiration des contrats de référence. Mais le fond du problème reste géopolitique. Les prix de l’or noir demeurent bien plus hauts qu’au début de la trêve entre les États-Unis et l’Iran. En cause : « un changement de rhétorique » à Washington, où l’administration semble moins pressée d’obtenir un accord avec Téhéran.
L’ombre d’une escalade militaire
L’incertitude est totale. Tant que les exportations du Golfe via le détroit d’Ormuz sont paralysées, le risque d’une reprise des hostilités pèse sur l’offre mondiale. Selon Norman Liebke, analyste chez Commerzbank, « une escalade en plusieurs phases risquerait d’entraîner une perturbation structurelle et prolongée de l’offre. »
Pour Abidjan, cette volatilité rend le soutien aux prix de plus en plus complexe. Si l’État a joué le rôle de bouclier en avril, la persistance de cours mondiaux élevés, avec des prévisions pouvant atteindre 142 dollars en ce mois de mai, rend les subventions de plus en plus coûteuses pour le budget national.
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La Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé. Aux Émirats Arabes Unis, des augmentations de 10% ont déjà été annoncées. Si le prix du gaz butane reste inchangé pour les ménages ivoiriens (2 000 FCFA la bouteille de 6 kg), la hausse des carburants à la pompe fait craindre un effet domino sur le coût du transport et des denrées alimentaires. Un dossier brûlant que « le gouvernement suit de près » pour éviter une surchauffe sociale, selon nos sources.



