Le MGC de Simone Gbagbo a tenu à Abidjan sa 4ᵉ Fête des libertés dans un contexte marqué par l’absence du PDCI et la présence remarquée du PPA-CI, autour des débats sur 36 ans de multipartisme.
La grande salle du 4e étage de l’hôtel Capitol, à la Riviera Golf, s’est révélée assez exiguë pour accueillir les centaines de militants venus d’Abidjan et de l’intérieur du pays pour la 4ᵉ édition de la Fête des libertés organisée par le MGC, ce samedi 2 mai 2026.
Outre l’ambassadeur d’Égypte et le représentant de la CEDEAO, on notait la présence remarquée d’Ahoua Don Mello pour les BRICS, ainsi que de Gnoka Moriak du National Democratic Institute (NDI).
Divorce consommé ?
Le camp de l’opposition était bien en première place, avec, notamment le COJEP de Charles Blé Goudé, représenté par son inspecteur général Marcel Yavo, et le mouvement Aube Nouvelle de Vincent Toh Bi Irié, via son émissaire Konan Vitor. Paul Agoubli d’Objectifs République, des représentants du maire de Cocody Jean Marc Yacé, ou encore de l’ONG Planète Paix étaient aussi de la partie, témoignant de la capacité de Simone Gbagbo à ratisser large.
Le fait marquant de la journée reste cependant le siège vide du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Pourtant, « une invitation en bonne et due forme a été transmise » au vieux parti, comme nous l’a confirmé un membre du cabinet de la présidente du MGC. Alors que Simone Gbagbo assistait encore aux 80 ans du parti de Tidjane Thiam en avril dernier, le boycott de ce samedi confirme le divorce consommé.
Longtemps alliés au sein de la Coalition pour l’alternance pacifique (CAP-CI), le PDCI et le MGC ont vu leurs relations se distendre. Le retrait du MGC de cette plateforme en janvier 2026, sur fond de « divergences profondes », ainsi que les désaccords sur la stratégie préélectorale, notamment la décision de Simone Gbagbo de maintenir sa candidature malgré le boycott du PDCI de Tidjane Thiam après l’exclusion de son candidat, ont profondément tendu les relations entre les deux formations.
Le PPA-CI fort applaudi
À l’inverse, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a créé la sensation. Malgré les tensions passées et la bataille juridique sur l’usage du nom « Gbagbo », le parti de l’ex-président a répondu présent. La présence d’Angèle Boka, vice-présidente du PPA-CI, a été saluée par de vifs applaudissements. Un signe de dégel notable, alors que le parti de Laurent Gbagbo avait boudé les récentes festivités du PDCI.
Au micro, Simone Ehivet Gbagbo a ouvert la cérémonie en égrenant la liste de ses convives avec une pointe d’ironie. « J’espère n’avoir oublié personne », a-t-elle demandé, comme pour dire « si je vous ai oublié et que vous êtes le représentant d’un parti, veuillez-vous signaler ».
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La présidente du MGC a ensuite donné le ton de la rencontre. « Je voudrais simplement ouvrir cette journée de débats et de discussions, que je souhaite très fructueuse pour le MGC, pour tous les partis qui sont présents et pour la nation ivoirienne », a-t-elle conclu.
Loin des grandes mobilisations populaires des éditions précédentes, le Mouvement des Générations Capables a privilégié cette année un panel sur le thème « 1990-2026, trente-six ans de multipartisme en Côte d’Ivoire : quelles avancées démocratiques et quelles libertés réelles ? », en écho au 30 avril 1990, date qui a mis fin au parti unique alors incarné par … le PDCI.



