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Côte d’Ivoire: Les vérités de Nady Gbagbo à Don Mello et Affi N’Guessan

En Côte d’Ivoire, une tribune signée Nadiany Bamba relance le débat sur l’union de la gauche et expose des divergences profondes entre les figures de l’opposition, notamment autour de Ahoua Don Mello et Pascal Affi N’Guessan.

C’est un texte qui va secouer le landerneau politique ivoirien. Celle que beaucoup appelle simplement « Nady » a décidé de briser le silence pour livrer sa part de vérité. Elle ne parle pas seulement en tant que compagne de Laurent Gbagbo , mais comme une femme qui refuse de porter le chapeau des échecs de son camp.

Ce coup de gueule intervient alors qu’en ce mois de mai 2026, la galaxie socialiste ivoirienne cherche son deuxième souffle. Après une année 2025 éprouvante, marquée par la domination du RHDP au pouvoir et l’inéligibilité de Laurent Gbagbo, la gauche est à l’heure des bilans. Entre le PPA-CI, pilier gbagboïste, le FPI de Pascal Affi N’Guessan — réélu à sa tête fin 2024 —, le MGC de Simone Ehivet Gbagbo ou encore le COJEP de Charles Blé Goudé, les forces sont éparpillées. Si des alliances de circonstance comme la CAP-CI ont vu le jour pour réclamer des réformes électorales aux côtés du PDCI-RDA, l’unité organique, elle, reste un mirage.

“Il faut trouver un bouc-émissaire”
Dans le texte aux accents très personnels dont Linfodrome a reçu copie, Nady Bamba évoque ces nuits où les rumeurs d’Abidjan lui reviennent en écho.

« C’est elle, c’est cette femme, c’est cette Nady qui a empêché l’union de la gauche », rapporte-t-elle. « Cette accusation ne m’affecte pas (…) mais comme il faut trouver un bouc-émissaire… ».
Au cœur de sa démonstration, une remise en cause du concept même de « gauche ivoirienne ». « En Côte d’Ivoire, il n’y a pas de gauche ni de droite au sens traditionnel du terme », affirme-t-elle, estimant que ces notions restent « abstraites pour la plupart des Ivoiriens ». Selon elle, la vie politique nationale se structure davantage autour de figures historiques que d’idéologies.

Le « déni de vérité » face à Don Mello et Affi
C’est dans ce cadre qu’elle évoque une conversation avec Ahoua Don Mello , présenté comme « un fervent défenseur » de l’union de la gauche. Cette conversation a eu lieu “quelques mois, bien avant l’élection présidentielle d’octobre 2025”.

« Je lui ai fait partie de mon opinion selon laquelle ce débat nous éloigne de notre propre histoire politique », explique-t-elle, qualifiant l’appel à l’unité de « déni de vérité ».
La tribune s’attarde également sur les fractures internes héritées de la crise post-électorale de 2011. Elle revient sur la scission du Front populaire ivoirien entre la ligne incarnée par Pascal Affi N’Guessan et celle restée fidèle à Laurent Gbagbo, portée notamment par Abdourahmane Sangaré.

« Une séparation non pas idéologique, mais surtout émotionnelle », analyse-t-elle.
Dans son propos, Nadiany Bamba critique implicitement la stratégie d’Affi N’Guessan, accusé d’avoir « choisi de participer au jeu politique institutionnel » après l’arrestation de Laurent Gbagbo, là où d’autres cadres ont privilégié une fidélité au leader historique.

« Assumer le Gbagboïsme »
Plus largement, elle interroge la cohérence des appels actuels à l’union. « Peut-on réellement unir des forces politiques sans clarifier ce qui les repose réellement ? », questionne-t-elle, estimant que toute tentative d’alliance repose aujourd’hui sur une ambiguïté non résolue.

Pour elle, la réalité politique ivoirienne se résume à une dualité structurante entre Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo. « Nous sommes soit gbagboïstes, soit houphouëtistes », tranche-t-elle. Vouloir diluer Laurent Gbagbo dans une alliance où il serait l’égal de ses anciens lieutenants est, à ses yeux, une erreur de lecture.

« Laurent Gbagbo, c’est la gauche ivoirienne. La gauche ivoirienne, c’est Laurent Gbagbo », tranche-t-elle. Pour la militante du PPA-CI, il est temps d’arrêter de s’excuser d’aimer un chef. C’est ainsi, écrit-elle, et ce n’est pas fini.

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