La United Bank for Africa Plc (UBA) amorce un tournant stratégique en favorisant la coopération avec les entreprises de technologies financières, mettant fin à la rivalité traditionnelle entre banques classiques et fintechs. Cette démarche vise à construire un écosystème financier africain plus intégré et efficace.
À l’occasion de sa première conférence dédiée aux fintechs, tenue à Lagos sous le thème « Naviguer entre les étapes réglementaires : l’avenir des partenariats banque-Fintech », l’institution panafricaine UBA a rassemblé plus de vingt acteurs majeurs, dont OPay, PalmPay, Mastercard, ainsi que des représentants de la Banque centrale du Nigéria.
Un constat s’est imposé : le développement durable de l’économie numérique africaine dépend désormais d’une collaboration étroite entre tous les acteurs du secteur.
En ouvrant les travaux, Emmanuel Lamptey, directeur exécutif en charge de la banque numérique chez UBA, a appelé à dépasser les logiques de concurrence. Selon lui, l’avenir repose sur une synergie entre banques et fintechs, combinant solidité, confiance et maîtrise réglementaire avec innovation et agilité, afin d’élargir l’accès aux services financiers sur le continent.
Les représentants des fintechs ont abondé dans le même sens, soulignant que la rapidité de l’innovation dépasse aujourd’hui celle du développement d’infrastructures indépendantes. Pour Seyi Ebenezer, PDG de PayAza, le secteur a atteint un point critique où la collaboration devient indispensable, notamment pour lever rapidement les obstacles freinant l’expansion du marché.
Si les progrès en matière de paiements instantanés et de solutions numériques ont été salués, les intervenants ont également mis en garde contre l’augmentation des cybermenaces. L’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les services bancaires, illustrée par l’assistant Leo de UBA, capable de traiter des transactions importantes, transforme profondément les enjeux de sécurité.
Peter Ehizogie, représentant de Mastercard, a rappelé que chaque avancée technologique s’accompagne de nouveaux risques, rendant la coopération essentielle pour sécuriser les innovations. Dans la même logique, Shamsideen Fashola, responsable des ventes de services bancaires numériques chez UBA, a évoqué une véritable course technologique, où la cybersécurité devient une confrontation entre systèmes d’intelligence artificielle.
La conférence s’est conclue par un appel commun aux régulateurs et aux opérateurs pour simplifier les cadres réglementaires, souvent perçus comme un frein à l’intégration régionale. Pour UBA, forte de ses 45 millions de clients répartis dans 20 pays africains et de ses implantations internationales, l’ambition est de mettre en place un système de paiement fluide, alliant l’agilité des fintechs à la robustesse des banques.
Le message final est sans équivoque : l’avenir des paiements en Afrique ne reposera pas sur la domination d’un acteur unique, mais sur la capacité de l’ensemble de l’écosystème à collaborer pour bâtir une résilience collective.



