Le gouvernement nigérian envisage de rapatrier les citoyens souhaitant quitter l’Afrique du Sud à la suite des récentes tensions xénophobes, a annoncé jeudi la ministre des Affaires étrangères, l’ambassadrice Bianca Odumegwu-Ojukwu.
Dans un message publié sur sa page Facebook certifiée, la ministre nigérian des Affaires étrangères a indiqué avoir échangé au téléphone avec son homologue sud-africain, Ronald Lamola, au sujet de la situation des Nigérians vivant en Afrique du Sud.
Selon elle, le responsable sud-africain a exprimé ses préoccupations concernant le projet nigérian d’évacuation volontaire de ses ressortissants, motivé par la recrudescence d’actes xénophobes. Il aurait également reconnu l’ampleur des tensions anti-migrants dans le pays, notamment après les incidents signalés à Durban le 6 mai.
Mme Odumegwu-Ojukwu a affirmé que le Nigéria ne pouvait « rester passif face au harcèlement et à l’humiliation systématiques » subis par ses citoyens en Afrique du Sud. Elle a insisté sur le fait que la protection des Nigérians, ainsi que le retour de ceux qui souhaitent rentrer au pays, constituent une priorité pour Abuja.
La ministre a également appelé les autorités sud-africaines à agir plus fermement contre les exécutions extrajudiciaires visant des Nigérians et à appliquer des sanctions rapides et exemplaires.
Bien que les manifestations organisées mercredi à Durban se soient déroulées sans violences majeures grâce à un important dispositif sécuritaire, la mission diplomatique nigériane a conseillé à ses ressortissants de limiter leurs déplacements et de fermer temporairement leurs commerces.
Les discussions entre les deux ministres ont aussi porté sur les discours et actions de groupes politiques sud-africains accusés d’attiser les sentiments anti-immigrés. Selon Abuja, ces comportements menacent directement la sécurité et les biens des étrangers, notamment des Nigérians.
Mme Odumegwu-Ojukwu a par ailleurs souligné que les Nigérians faisaient preuve d’une grande retenue malgré les tensions persistantes. Elle a dénoncé le harcèlement dont seraient victimes certains enfants nigérians ou issus de familles mixtes nigériano-sud-africaines, parfois appelés « Sougerians », dans les établissements scolaires.
De son côté, Ronald Lamola aurait assuré que les autorités sud-africaines prenaient la situation au sérieux et travaillaient avec les structures éducatives pour mettre fin à ces discriminations.
La ministre nigériane a enfin rappelé les condamnations formulées par le président sud-africain Cyril Ramaphosa concernant les violences xénophobes.
Elle a toutefois estimé que les appels demandant aux étrangers de quitter l’Afrique du Sud visaient principalement les Africains noirs, affirmant que le phénomène pourrait davantage relever de « l’afrophobie » que de la xénophobie.
Selon plusieurs médias locaux, le président nigérian Bola Tinubu a demandé aux représentations diplomatiques nigérianes en Afrique du Sud de mettre immédiatement en place une cellule de crise afin d’assister les citoyens en difficulté.



