05092026Headline:

Cameroun: Tensions autour de l’organisation des obsèques d’Anicet Ekane


Les familles biologique et politique d’Anicet Ekane, président du Manidem et figure de l’opposition, sont divisées depuis plusieurs jours sur la conduite et même le contenu de ces obsèques, prévues pour ce samedi 9 mai, à Bomono, son village natal. L’un de ses fils, Muna Ekane , dans un communiqué publié hier jeudi, a appelé à taire toutes ces querelles, au moins le temps de l’inhumation de ce leader déjà présenté comme un héros national.
Désigné par le tribunal, au détriment d’une partie de la famille, pour la conduite des obsèques, Muna Ekane, fils du défunt président du Manidem, déclare au cœur de cette polémique « qu’on ne règle pas des comptes politiques au dessus du cercueil d’un héros assassiné ».

Les comptes dont parle le fils Ekane, c’est le contexte conflictuel entourant l’organisation des obsèques, depuis le transfèrement de la dépouille du disparu de Yaoundé à Douala en mars dernier, le non respect de supposées dernières volontés d’Anicet Ekane, les suspicions sur le rôle du pouvoir accusé par certains de tout faire pour empêcher une mobilisation populaire autour de cet événement, ou encore les prises de distance de plusieurs amis et alliés qui, en raison de ces batailles, ont – à l’instar du MRC de Maurice Kamto – déjà annoncé se tenir à l’écart de ces obsèques.

Muna Ekane, qui est lui même en désaccord avec une partie de la famille dont la veuve d’Anicet Ekane, déclare qu’ « Anicet Ekane portait une cause plus grande qu’un parti. Il appartient aux Camerounais », en réponse au Manidem, son propre parti, qui a lui aussi annoncé ne pas participer aux obsèques.

 

Arrêté à Douala fin octobre 2025, au plus fort de la contestation de la réélection de Paul Biya, Anicet Ekane, soutien du principal opposant Issa Tchiroma Bakary, avait été transféré au secrétariat d’État à la Défense à Yaoundé, où il est décédé dans des circonstances troubles, le 1er décembre 2025. Sa mort en détention avait suscité un grand émoi au Cameroun. Le rapport d’autopsie avait conclu en février dernier à une mort naturelle, selon un communiqué du ministère de la Défense, mais les avocats de la famille ont contesté la procédure. Les conclusions de l’enquête administrative ouverte par les autorités sur les circonstances de ce décès restent inconnues.

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