Le journaliste malien Aziz Maiga, connu sous le nom d’« Aziz Maiga ne ment pas », a été interpellé à Abidjan dans la soirée du dimanche 3 mai 2026. L’information vient d’être confirmée par son frère aîné dans un entretien accordé à Linfodrome. Depuis lors, la famille a mis en place une cellule de crise et appelle à la plus grande retenue.
Selon un proche, Aziz Maiga n’avait pas prévu de se rendre en Côte d’Ivoire mais au Sénégal. « C’est un ami artiste qui devait aller au Sénégal par vol, puis revenir au Mali. Aziz l’a accompagné sur un coup de tête, en passant par Abidjan », explique-t-il. Le journaliste, connu pour son attachement à la Côte d’Ivoire, souhaitait y passer quelques jours avant de poursuivre vers Dakar. « Il aime beaucoup ce pays, il est très attaché à la Côte d’Ivoire », confie son frère. Mais ce déplacement improvisé a sans doute occulté une réalité, le fait qu’Aziz Maiga soit un journaliste étranger. « Il a oublié son statut. Journaliste, tu ne peux pas te retrouver sur un territoire autre que le tien sans avoir fait les démarches nécessaires, surtout dans le contexte sécuritaire actuel du Mali et de la région », regrette le proche. Son interpellation relève pour l’instant d’une procédure ordinaire. « On lui pose des questions : qu’est-ce qu’il est venu chercher, qu’est-ce qu’il veut, etc. », précise-t-il.
Des investigations en cours, aucun élément compromettant trouvé
Les autorités ivoiriennes ont placé Aziz Maiga en lieu. « Il va bien. Pour l’instant, les investigations n’ont rien trouvé de compromettant parce que c’est quelqu’un qui aime la Côte d’Ivoire et qui a toujours respecté ses autorités », affirme-t-il. Le journaliste est entendu, et la famille reste confiante. « Si rien n’est retenu contre lui, il sera libéré. Sinon, il sera mis à disposition des autorités. » La famille tient à rassurer sur le contenu des publications de son frère. « Sur les réseaux sociaux, certains l’accusent d’avoir tenu des propos hostiles à la Côte d’Ivoire. C’est faux. Je vous mets au défi de trouver une seule publication où il parle mal des autorités ivoiriennes. Aziz est un journaliste crédible, il vérifie ses informations et ne se livre jamais à des attaques personnelles. » Un point que la famille a repris dans son communiqué. « Jamais, dans l’exercice de son métier ou dans sa vie privée, il n’a publié, relayé ou tenu des propos hostiles à l’égard de cette nation ni de ses dirigeants. »
La famille appelle à la retenue sur les réseaux sociaux
Dans un communiqué publié le 8 mai 2026 depuis Rharous, au Mali, la famille d’Aziz Maiga a officiellement confirmé l’interpellation et annoncé la mise en place d’une cellule de crise. La famille s’appuie sur plusieurs points. D’abord, la nécessité d’éviter toute tentative de récupération médiatique, politique ou militante. Ensuite, l’interdiction formelle de publier des commentaires ou analyses non vérifiés qui pourraient nuire à l’évolution favorable du dossier. Enfin, l’appel à ne pas exercer de pressions indirectes sur les autorités ivoiriennes. « Ces comportements, fussent-ils inspirés par l’affection ou l’indignation, ne feraient qu’aggraver la situation d’Aziz », prévient le communiqué. La famille se veut confiante dans le système judiciaire ivoirien. « La Côte d’Ivoire est un État de droit. Nous sommes sûrs que tout va bien se passer », affirme son frère, qui précise être basé en France et suivre l’évolution du dossier à distance.
La Côte d’Ivoire est un État de droit. Nous sommes sûrs que tout va bien se passer
Un contact sur place à Abidjan fait le lien avec les autorités et pour l’instant Aziz Maiga attend qu’un avocat prenne officiellement le dossier. La famille remercie toutes les personnes de bonne volonté qui se sont déjà mobilisées en Côte d’Ivoire, au Mali et ailleurs. « Votre élan fraternel nous réconforte au-delà des mots », conclut le communiqué. En attendant, les investigations se poursuivent à Abidjan. Aziz Maiga reste à la disposition des autorités ivoiriennes. Son frère espère une issue rapide car « Aziz est innocent, sa probité finira par s’imposer. » Le gouvernement ivoirien, régulièrement salué pour son respect des principes de l’État de droit, n’a pour l’heure fait aucune déclaration officielle sur cette affaire. Les regards sont tournés vers le parquet d’Abidjan, dont la décision déterminera si le journaliste malien pourra rapidement regagner sa famille ou si une procédure plus longue s’ouvre. En attendant, la cellule de crise reste active, et la famille appelle au calme et à la confiance.



