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Le gouvernement du Burkina Faso a adopté un nouveau référentiel de développement pour la période 2026-2030

Le Burkina Faso veut miser sur la souveraineté économique et l’industrialisation pour remodeler durablement son économie à l’horizon 2030.

Devant l’Assemblée législative de transition, le ministre burkinabé de l’Économie et des Finances a présenté le Plan national de développement 2026-2030, dénommé « Plan RELANCE », dont le coût global est évalué à plus de 36 190 milliards de FCFA.

Présenté comme une nouvelle orientation stratégique, ce programme quinquennal marque une rupture avec les anciens modèles de développement largement dépendants de l’aide extérieure et de l’exportation de matières premières non transformées. Les autorités entendent désormais privilégier une transformation structurelle reposant principalement sur les ressources nationales.

Pour financer ce vaste chantier, le gouvernement prévoit de mobiliser plus de 65 % des ressources sur le plan interne, notamment grâce à l’actionnariat populaire, aux « diaspora bonds », au financement participatif patriotique et aux obligations vertes.

Le complément devrait provenir de partenaires extérieurs, avec une préférence pour les appuis budgétaires alignés sur les priorités nationales.

Le « Plan RELANCE » repose sur quatre axes stratégiques.

Le premier concerne la sécurité et la cohésion sociale. Il prévoit le recrutement de plus de 50 000 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS), de 60 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) supplémentaires, ainsi que de plus de 100 000 réservistes.

Le développement d’une industrie nationale de défense figure également parmi les priorités.
Le deuxième axe est consacré à la refondation de l’État et à l’amélioration de la gouvernance.

Les autorités ambitionnent de moderniser l’administration à travers la digitalisation des procédures, tout en renforçant la lutte contre la corruption et la fraude fiscale. L’objectif est de faire progresser l’indice de perception de la corruption de 41 à 46 points sur 100 d’ici 2030, avec une pression fiscale moyenne estimée à 19,3 % sur la période.

Le troisième pilier porte sur le développement du capital humain. Le gouvernement prévoit la construction de neuf hôpitaux régionaux, de 73 centres de santé, de 150 écoles primaires et secondaires, ainsi que de 50 000 logements décents. Les autorités espèrent ainsi faire reculer le taux de pauvreté de 43,2 % en 2021 à 35 % en 2030.

Enfin, le quatrième pilier, qualifié de « grand tournant historique », vise à renforcer la souveraineté alimentaire et énergétique du pays, à accélérer l’industrialisation et à moderniser les infrastructures.

Parmi les projets structurants annoncés figurent la construction de l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso, l’achèvement de l’aéroport de Donsin, la mise en service d’une raffinerie d’or et d’unités textiles, ainsi que l’acquisition de six nouveaux avions pour Air Burkina.

Sur le plan macroéconomique, les autorités tablent sur une croissance moyenne de 7,2 % par an entre 2026 et 2030, une hausse de la capacité électrique installée de 678,5 MW à 2 585,6 MW, et le maintien du déficit budgétaire sous le seuil de 3 %.

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