Selon plusieurs informations sécuritaires et des données de suivi militaire, la Russie renforcerait actuellement son dispositif au Mali en vue de possibles opérations dans le nord du pays, notamment vers Gao et Kidal. Ces dernières semaines, Bamako a reçu de nouveaux renforts russes ainsi que d’importants équipements militaires acheminés depuis la Russie via la Guinée.
Dans les cercles sécuritaires maliens, les mouvements observés depuis plusieurs jours alimentent les spéculations autour d’une nouvelle offensive dans le nord du pays. Selon plusieurs informations concordantes, des préparatifs militaires seraient en cours en vue d’opérations dirigées vers Gao et Kidal, deux zones redevenues centrales dans le bras de fer opposant Bamako, les groupes armés touaregs et les organisations jihadistes affiliées à Al-Qaïda. Des sources évoquent un dispositif articulé autour d’avions MiG, d’hélicoptères de combat et de drones, avec l’appui de forces terrestres maliennes renforcées par des réservistes récemment mobilisés.
Le 25 avril, une série d’attaques coordonnées a profondément secoué le pays. Des positions militaires ont été visées dans différentes localités tandis que la pression sécuritaire se rapprochait de Bamako. Dans le même temps, les combattants du GSIM, affilié à Al-Qaïda, accentuaient leur emprise sur plusieurs axes routiers stratégiques autour de la capitale, compliquant l’acheminement des marchandises et perturbant fortement les déplacements. La mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, annoncée dans la foulée des attaques selon plusieurs sources internationales, a également provoqué une onde de choc au sein de l’appareil militaire. Quelques jours plus tard, le général Assimi Goïta reprenait lui-même le portefeuille de la Défense, signe de la gravité de la situation.
Dans ce climat tendu, Bamako a continué de recevoir du matériel militaire russe. Durant la première semaine de mai, plusieurs sources sécuritaires ont signalé l’arrivée de nouveaux renforts russes, dont plus de cinquante mercenaires supplémentaires. Quelques semaines auparavant déjà, d’importantes cargaisons militaires avaient rejoint le Mali après un passage par le port de Conakry, en Guinée. Les équipements étaient transportés par le cargo russe Sabetta, un navire placé sous sanctions américaines dans le cadre des mesures liées à la guerre en Ukraine.
Des analyses et des images satellites ont permis de retracer une partie de l’itinéraire du bâtiment, depuis le port de Baltiysk, dans l’enclave russe de Kaliningrad, jusqu’aux côtes ouest-africaines. Son passage dans la Manche avait notamment attiré l’attention de la Royal Navy avant son arrivée à Conakry le 19 mars. Les convois ensuite acheminés vers Bamako sur près de 1 000 kilomètres transportaient des équipements variés : blindés BMP-3, véhicules TIGR et VPK-Oural côté russe, mais aussi des matériels chinois de marque Norinco, notamment les modèles CS/VP14 et CS/VN9.
Reste désormais à savoir si cette concentration de moyens débouchera sur une opération d’envergure dans l’Azawad. Car sur le terrain, les équilibres demeurent instables. Les groupes armés connaissent parfaitement la zone, disposent de relais locaux et continuent de multiplier les attaques contre les axes logistiques et les positions militaires. À Bamako, beaucoup redoutent désormais que le conflit n’entre dans une nouvelle phase, plus dure, plus longue et potentiellement plus meurtrière.



