05102026Headline:

L’esclavage: Un crime contre l’humanité reconnu, mais la question des réparations reste entière


Aujourd’hui 10 mai, c’est la journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition et le 21 mai, ce sera les 25 ans de l’adoption de la loi Taubira en France reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité. Mais un quart de siècle plus tard, le débat évolue. Après un récent vote porté par le Ghana à l’ONU qualifiant l’esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité », plusieurs États africains veulent désormais aller plus loin, notamment sur la question des réparations.

Pour Liliane Umubyeyi, chercheuse rwandaise travaillant sur les questions d’inégalités raciales et de justice historique, la loi Taubira constitue une avancée importante, mais incomplète. « Il y a un débat sur la reconnaissance mais une reconnaissance symbolique de l’esclavage, mais moins sur la question des réparations. Et cette résolution de 2026 elle est venue réactiver, même activer, cette question des réparations », explique t’elle au micro de Christina Okello, de la rédaction Afrique.

Selon la chercheuse, les discussions portent désormais sur des formes concrètes de justice réparatrice : réparations économiques, climatiques, restitution d’œuvres d’art ou encore compensations financières. Et l’attente est de plus en forte sur le continent africain.

Et si le débat semble avoir évolué au niveau international, beaucoup attendent désormais que cela se traduise aussi concrètement du côté français, vingt-cinq ans après la loi Taubira. « Qu’il y ait une reconnaissance parce que pour l’instant on est resté sur une reconnaissance symbolique. Je pense notamment à la discussion qui a eu beaucoup l’année dernière sur Haïti et la dette de Haïti, et la réponse d’Emmanuel Macron a été de mettre en place une commission d’universitaires et d’historiens sans que ça ne débouche sur des éléments concrets. »

Liliane Umubyeyi critique également l’abstention de la France lors du récent vote à l’ONU porté par le Ghana. Pour mémoire, le gouvernement avait justifié son abstention – comme les autres pays de l’Union européenne – au motif que le texte parlait de l’esclavage comme le « pire des crimes contre l’humanité » et « qu’il ne peut pas y avoir de hiérarchie dans les atteintes à la dignité humaine, aux droits de l’Homme, sinon, ce serait créer une hiérarchie entre les victimes. »

Alors que Paris s’apprête à commémorer, le 21 mai, les vingt-cinq ans de la loi Taubira, la chercheuse estime que les attentes portent désormais sur des actes concrets en matière de justice réparatrice.

Exemple de cas concret de « réparation », les bourses attribuées aux étudiants racisés par l’Université de Bristol au Royaume-Uni.

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