05142026Headline:

PPA-CI: Gbagbo Laurent prend des sanctions contre Kipré, Ouégnin, Blaise Lasme, Don Mello et Arthur Dally

Entre dossiers renvoyés devant le congrès et suspensions allant de trois à dix-huit mois, la direction du PPA-CI serre la vis contre plusieurs cadres accusés d’avoir défié la ligne du parti lors des élections de 2025.

À l’ouverture du premier congrès ordinaire du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire ce 14 mai 2026, Laurent Gbagbo a choisi la fermeté. La veille des assises, deux communiqués signés par le secrétaire général Jean-Gervais Tchéidé ont officialisé une vague de sanctions disciplinaires contre plusieurs cadres et militants accusés d’avoir défié la ligne du parti.

Don Mello et Ahilé Fernand : le Congrès pour juge
Au total, plus de soixante responsables sont concernés. La sanction la plus politique vise Ahoua Don Mello. L’ancien vice-président exécutif du parti voit son dossier « déféré au Congrès », une procédure exceptionnelle qui place désormais son sort entre les mains des congressistes.

Cette décision intervient après plusieurs mois de tensions autour de la candidature maintenue de Don Mello à la présidentielle de 2025, malgré la désignation officielle de Laurent Gbagbo par le parti.

Deux autres responsables sont concernés par cette mesure : Ahilé Fernand, ancien secrétaire national technique et proche soutien de Don Mello, ainsi que Kanga Kacou Antoine. Député-maire de M’Batto, ce dernier a rejoint le RHDP lors d’une cérémonie remarquée fin avril.

Les trois sont interdits de toute activité, de parole au nom du parti et de participation aux élections internes en attendant que les congressistes statuent sur leur exclusion ou leur maintien.

18 mois de suspension pour Kipré, Ouégnin, et…
Le groupe des sanctions de 18 mois rassemble plusieurs personnalités connues du PPA-CI. En tête de liste figure Stéphane Kipré. L’ancien premier vice-président exécutif est suspendu des activités et des élections internes du parti pendant un an et demi.

La direction lui reproche notamment sa participation aux législatives de 2025 malgré le mot d’ordre de boycott adopté par le Comité central.

Dans le même groupe apparaît Georges Armand Ouégnin, ancien membre du Conseil stratégique et politique du parti. Déjà révoqué de ses fonctions en novembre 2025, il subit désormais une suspension de 18 mois.

Plusieurs autres cadres relativement connus figurent également dans cette catégorie : Affoua Kra Monique, Assi Ndin Théodore, Lago Lebato Modeste, Kprekpré Zilihonon Bernadette Ernestine Sylvie ou encore Koné N’Golo Lassina.

À leurs côtés, des responsables moins médiatisés comme Gnanduillet Arsène Lucan, Klarou Adolphe, Koffi Zahui Louis, Kouamé Koffi Étienne ou Zirignon Dassihé Daniel écopent de la même sanction.

12 mois de suspension pour Arthur Dally et autres
Le deuxième groupe concerne les suspensions de douze mois. Parmi les personnalités connues figure Arthur Dally, mentionné sous le nom de Dalli Arthur Prince Richard, le maire de la commune de Lakota, élu lors des élections municipales de septembre 2023 sous la bannière du PPA-CI.

Cette catégorie comprend également des anciens responsables du parti comme Garou Antony, N’Guessan Béchié Paul, Seri Louma Hortense, Koffi Léon Loukou, Assémian Kakou Édouard ou encore Koua Charles Philippe Kinimo.

Des cadres moins exposés médiatiquement sont aussi sanctionnés : Djédjé Eugène, Kocola Seka Patrice, Za Bi Marcel Pagnol et Tétéa Zamousse Léonarde.

6 et 3 mois de suspension pour le reste
Le troisième groupe regroupe les militants suspendus pour six mois. Parmi eux figure Blaise Lasme, démis de ses fonctions de vice-président chargé des nouveaux majeurs à la suite de sa candidature aux dernières législatives.

Il est sanctionné avec Boué Bi Irié Marcellin, Esmel Mech Adolphe, Pregnon Lucien, Tahe Muha Patrice, Yéré Lago Mathias et Kipré Ghyslaine Marina.

Même si ces profils sont moins connus au plan national, plusieurs occupaient des fonctions locales importantes au sein du parti.

Enfin, le dernier groupe concerne les sanctions les moins lourdes, avec trois mois de suspension.

Sont concernés : Gnagné Mathurin, Goh Bi Tra Alexis, Gouin Bi Franck Aristide, Kwame Jean Roland, Lago Zozo Valentin, Tangbé Dominique, Togoné Bi Ouedo Michel, Yedes Jean, Djé Vincent, Tah Bi Florent et Tapé Hugues Marcel Désiré.

Comme pour les autres groupes, ces militants sont temporairement privés d’activités internes au sein du parti.

Une démonstration d’autorité
Lors de la dernière réunion du Comité central du PPA-CI, le 7 mai dernier, Laurent Gbagbo avait déjà annoncé sa volonté de « régler les problèmes de rébellion interne ».

« Je convoque pour cela une réunion du CSP le mardi à 16h pour qu’on prenne des décisions qui vont être soumises au Congrès et le congrès va décider définitivement », avait déclaré l’ancien chef de l’État, évoquant la nécessité d’identifier « les noms des révoltés ».

À l’ouverture de ce premier congrès ordinaire, les décisions prises contre plusieurs figures du parti montrent que la direction du PPA-CI a choisi de privilégier la discipline et le resserrement des rangs, au risque d’exposer davantage les fractures internes apparues depuis les élections de 2025.

What Next?

Recent Articles