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Laurent Gbagbo: « Nous avons plus de 1 600 amis qui sont emprisonnés »

Lors de son dernier congrès ordinaire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a eu une pensée particulière pour les personnes interpellées et détenues depuis la période électorale. Devant les congressistes, Laurent Gbagbo a affirmé que plus de 1 600 personnes ont été arrêtées puis maintenues en prison dans le cadre des manifestations liées à la présidentielle. La plupart de ces détenus sont poursuivis pour « trouble à l’ordre public ».

Le PPA-CI affirme ne pas oublier ses militants ainsi que toutes les personnes arrêtées au cours des protestations organisées pendant la séquence électorale. Au cours du congrès, des images de plusieurs détenus ont été projetées devant les participants, dans une volonté affichée de leur rendre hommage et de rappeler leur situation. Selon le parti, ces arrestations traduisent une répression politique visant particulièrement ses militants. Plusieurs prévenus ont déjà été jugés et condamnés. En mars dernier, 26 militants ont notamment écopé de deux ans de prison ferme pour « trouble à l’ordre public ». Des décisions judiciaires vivement contestées par le PPA-CI, qui a dénoncé des « condamnations iniques, arbitraires et politiquement orientées ». Le parti avait alors exigé la « libération sans délai » de ses militants, sans obtenir gain de cause.Livres sur la politique

 

Au sein du PPA-CI, la répression a touché toutes les catégories de membres, des simples militants aux cadres les plus influents. Pour les responsables de la formation politique, plusieurs figures emblématiques illustrent cette situation, notamment Damana Pickass et Blaise Lasm. Le parti considère qu’il détient aujourd’hui le plus grand nombre de « détenus politiques » en Côte d’Ivoire.

Le cas Damana Pickass

Le dossier de Damana Pickass reste l’un des plus emblématiques pour le PPA-CI. À l’époque des manifestations de protestation organisées conjointement avec le PDCI-RDA contre ce que l’opposition qualifiait de « présidentielle exclusive », le proche collaborateur de Laurent Gbagbo avait été interpellé par les autorités. Son arrestation était intervenue après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dans cette intervention, Damana Pickass appelait les manifestants à maintenir la pression dans les rues afin de contester le processus électoral. Les autorités judiciaires avaient alors estimé que les appels à manifester, diffusés avant et après le scrutin, avaient contribué à provoquer des « attroupements armés et non armés ». Le procureur avait également évoqué plusieurs faits graves survenus durant cette période, : « des actes de violence, des assassinats, des vols à main armée, des extorsions, ainsi que des destructions et incendies de biens publics et privés.Tourisme Côte d’Ivoire

 

Placée en détention provisoire depuis novembre 2025, la figure du PPA-CI est poursuivie pour « atteinte à la défense nationale », « complot contre l’autorité de l’État » et « association de malfaiteurs ». Une affaire qui continue d’alimenter les tensions entre le pouvoir et le PPA-CI, parti de la gauche.

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